Listen to the article
Lorsque l’identitaire corse Nicolas Battini a déjeuné pour la première fois avec Marine Le Pen, au mois d’octobre, la députée d’origine bretonne a fendu l’armure jacobine : l’héritière du clan de La Trinité-sur-Mer (Morbihan) n’est pas, a-t-elle assuré droit dans les yeux, insensible à la fibre régionaliste de son interlocuteur. Ainsi fut scellée une alliance électorale des plus inattendues entre le Rassemblement national (RN), historiquement hostile à l’expression des particularismes régionaux, et un mouvement autonomiste aussi inquiet de l’immigration extra-européenne que du statut de la Corse.
Ce faisant, le parti d’extrême droite opère une « inflexion », selon le terme de Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen, dans sa vision jacobine de la nation. Le RN refuse toutefois d’évoquer l’autonomie, pourtant ardemment souhaitée par son nouveau partenaire, et s’en tient pour l’heure à de vagues promesses d’un « statut particulier » de l’île et d’un investissement soutenu pour la défense de la langue. Une même inflexion de Marine Le Pen avait déjà été observée dans le dossier néo-calédonien, où le RN a assoupli ses positions historiquement hostiles aux séparatistes.
Il vous reste 83.95% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.










14 commentaires
Les promesses de statut particulier pour la Corse sonnent comme un compromis. Suffiront-elles à convaincre les électeurs locaux ?
Le RN a toujours été réticent sur les questions identitaires locales. Voit-on ici un vrai changement de ligne ou une simple opportunité politique ?
Une opportunité, assurément. Mais qui peut s’inscrire dans une démarche plus large de légitimité locale.
Comment cette alliance avec des identitaires corses peut-elle tenir sur le long terme, compte tenu des divergences fondamentales ?
Le RN aurait-il enfin compris que l’hexagone ne se réduit pas au centralisme parisien ?
Le RN semble prêt à tout pour élargir son électorat. Une alliance inattendue, mais finalement logique.
Intéressant de voir le RN s’adapter sur des questions régionales. Une évolution stratégique ou une concessions ponctuelle ?
Stratégique probablement, surtout pour gagner des voix en Corse. Mais cela reste cohérent avec leur recentrage.
Une alliance d’intérêt avant tout ? Les deux partis partagent-ils vraiment une vision commune ?
Plutôt une alliance de circonstances. L’autonomie corse n’est pas un sujet que le RN a toujours porté.
Étonnant que le RN se rapproche de mouvements régionalistes. Leur discours centralisateur pourrait-il être en train de s’assouplir ?
Histoire à suivre. En tout cas, cette alliance montre une certaine flexibilité nouvelle.
Le dossier corse rappelle étrangement les concessions faites sur la Nouvelle-Calédonie. Le RN adapte sa doctrine ?
Pas vraiment une doctrine, mais plutôt une tactical opportuniste. La ligne reste globalement fidèle.