Listen to the article
En 2026, la transition écologique n’est plus une question de technologies disponibles ni de financements introuvables. Elle est devenue, en Europe, un révélateur de choix politiques. A cet égard, la comparaison entre la France et l’Espagne est éclairante. Non parce que l’Espagne serait exempte de difficultés, mais parce qu’elle démontre qu’une gouvernance fondée sur le compromis peut produire des avancées concrètes, là où la France hésite, voire recule.
En quelques années, l’Espagne a fait de la transition énergétique un pilier de sa stratégie économique. Plus de la moitié de son électricité provient des énergies renouvelables, grâce à un déploiement massif du solaire et de l’éolien, contribuant à des prix de l’électricité bas et à une attractivité industrielle renforcée. Ces résultats reposent sur des décisions politiques claires : stabilité réglementaire, planification assumée, investissements dans les réseaux et le stockage, mobilisation stratégique des fonds européens vers la transition écologique, la mobilité durable et la modernisation industrielle.
En France, malgré des objectifs affichés ambitieux, la transition est à la peine : retards dans les énergies renouvelables, lenteur de la rénovation énergétique, hésitations sur la planification écologique. Plus qu’un manque de moyens, ces blocages traduisent des arbitrages politiques rétrogrades.
Culture du compromis
La comparaison devient évidente lorsqu’on observe l’articulation entre transition écologique et justice sociale. Le gouvernement espagnol de coalition [entre le Parti socialiste de Pedro Sanchez et l’alliance Sumar, qui regroupe des partis de la gauche radicale] a fait le choix de lier explicitement ces deux dimensions. Depuis 2018, le salaire minimum a augmenté de plus de 50 %, tandis que des mécanismes ciblés ont protégé les ménages les plus vulnérables face à la hausse des prix de l’énergie. Des contributions exceptionnelles ont parallèlement été demandées aux secteurs bénéficiant de rentes élevées, notamment l’énergie et la finance.
Il vous reste 43.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.








16 commentaires
Le déploiement massif des énergies renouvelables en Espagne est impressionnant. Qu’en pensent les industriels locaux?
Je suppose qu’ils en profitent pour réduire leurs coûts.
L’Espagne montre que le compromis politique peut mener à des résultats concrets. Dommage que la France peine autant.
La France a du retard à rattraper, mais ce n’est pas encore trop tard.
Les fonds européens bien utilisés peuvent vraiment faire la différence. L’Espagne en est un bon exemple.
Tout à fait, c’est une question d’organisation et de volonté politique.
La transition ne se fera pas sans volontarisme politique. L’Espagne en est la preuve.
Exactement, il faut des décisions courageuses.
La France a les mêmes objectifs mais beaucoup moins de résultats. Pourquoi ce décalage?
Les hésitations et retards réglementaires, sans doute.
La transition écologique ne sera pas possible sans justice sociale. L’Espagne semble avoir compris cela.
Exactement, les deux vont de pair.
Intéressant de voir comment l’Espagne réussit sa transition énergétique. Les décisions politiques claires semblent être la clé.
Absolument, la stabilité réglementaire est souvent sous-estimée.
Les prix de l’électricité bas en Espagne sont un atout pour l’industrie. Un modèle à suivre?
Cela dépend des spécificités de chaque pays, mais l’idée est intéressante.