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La dépendance de la France aux énergies fossiles n’est pas qu’un problème pour le climat. Elle menace aussi le fonctionnement économique futur de notre pays. Soit une « double contrainte carbone », selon les termes de The Shift Projet, qui dévoilait, mercredi 12 novembre, une étude visant à quantifier l’exposition de la France au risque énergétique.
En appui de sa démonstration, le cercle de réflexion présidé par Jean-Marc Jancovici a tenté de modéliser tous les flux énergétiques permettant de soutenir le mode de vie des Français et de faire tourner l’économie française. Premier constat : si le pays produit une électricité largement décarbonée, grâce au nucléaire et aux sources renouvelables, celle-ci ne représente qu’un cinquième de ses besoins en énergie finale. Le reste est importé et repose essentiellement sur les combustibles fossiles, selon les calculs du think tank, qui prennent aussi en compte l’énergie nécessaire à la production des biens et services importés.
Au total, les entreprises et les ménages français dépendent toujours à plus de 70 % du pétrole, du gaz et du charbon, pour leur consommation d’énergie. Une proportion qui n’a pas changé depuis 1995. En revanche, le paysage des fournisseurs de la France a, lui, bien évolué. Au début des années 2000, plus d’un tiers de ses importations énergétiques – en pétrole notamment – provenaient de pays européens (Royaume-Uni, Pays-Bas, Norvège) ; en 2022, ces derniers n’en représentaient plus que 20 %. Aujourd’hui, parmi les dix principaux fournisseurs de pétrole de la France, neuf sont localisés en dehors des frontières européennes, et sept sur dix pour le gaz naturel.
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12 commentaires
Les importations d’énergie fossile pèsent lourd sur la balance commerciale. Il est temps d’agir.
Une modélisation aussi poussée est utile pour prendre conscience des enjeux. Exactement le genre d’outil dont nous avons besoin.
70% de dépendance aux énergies fossiles, c’est un chiffre alarmant. Comment la France peut-elle se permettre de rester si vulnérable ?
La question est surtout de savoir si les décideurs sont prêts à prendre les mesures nécessaires.
Intéressant de voir que l’électricité décarbonée ne représente qu’un cinquième des besoins énergétiques. C’est un rappel cruel de l’ampleur du travail restant.
Ce rapport confirme ce que beaucoup redoutent : la dépendance énergétique est un risque économique majeur.
Et le climat en prend un coup aussi, ce qui aggrave encore la situation.
Le fait que la proportion n’ait pas changé depuis 1995 montre un manque de volonté politique flagrant.
Oui, et les conséquences pourraient être lourdes pour les générations futures.
Ce rapport montre clairement que la France doit accélérer sa transition énergétique pour réduire sa dépendance aux combustibles fossiles.
Le nucléaire et les énergies renouvelables sont essentiels, mais les investissements doivent suivre.
Absolument, mais est-ce que les politiques actuelles sont à la hauteur de ce défi ?