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« Je travaille tous les jours de 9 heures à 17 heures. Quand je rentre, je profite. Et une fois que les enfants sont couchés, je recommence à travailler, souvent entre 22 heures et minuit, tous les soirs, et un peu le week-end. » Depuis quatre ans, Emeline Busquet, 28 ans, est assistante de gestion dans un cabinet d’expertise automobile le jour, et effectue des tâches administratives pour des clients, au moyen d’une microentreprise, le soir.

« Ce cumul représente un vrai sacrifice, mais il est devenu indispensable », poursuit-elle, confiant que même en travaillant à temps plein, il est devenu difficile de vivre dignement avec le smic. Son conjoint a arrêté son activité pour s’occuper des enfants, car ils ne pouvaient pas payer les frais de garde, trop élevés. « Il y a le loyer, la voiture… On n’est pas dépensiers, on ne voyage pas, même si on en aurait bien envie », poursuit-elle.

Emeline Busquet est une « slasheuse », terme signifiant qu’elle exerce plusieurs emplois à la fois, séparés par un « slash », soit le symbole « / ». Il a été inventé en 2007 par Marci Alboher, essayiste américaine, dans son best-seller One Person/Multiple Careers (« Une personne/de multiples carrières », Business Plus, non traduit).

De passage à Paris en octobre à l’occasion du salon SME destiné aux indépendants et dirigeants de TPE, elle précise qu’à l’origine « les slasheurs sont des gens qui ont choisi de s’afficher publiquement en tant que tels », fiers de ce mode de vie leur permettant de « mettre à profit d’autres compétences, de manière flexible, à côté de leur emploi principal ». Elle reconnaît toutefois qu’aujourd’hui la part du slashing subi a largement augmenté, en raison des tensions sur le pouvoir d’achat : « Il y a davantage de personnes qui cumulent par nécessité dans cette période d’instabilité économique. Comme le coût de la vie a augmenté, ils cherchent à multiplier les sources de revenus. »

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14 commentaires

  1. Chloé Richard le

    Emeline Busquet illustre bien la dure réalité des travailleurs modernes. Quand le SMIC ne suffit plus, il faut se battre pour chaque euro. Comment en est-on arrivé là?

  2. Pierre Bernard le

    Ce témoignage est poignant. Travailler jour et nuit pour simplement survivre, c’est triste. La France doit repenser son modèle économique et social.

  3. Il est alarmant de voir que le SMIC ne suffit plus pour assurer une vie décente. Les personnes comme Emeline Busquet sont obligées de cumuler les jobs pour survivre.

  4. Louis F. Bernard le

    Ce type de témoignage est devenu monnaie courante. La précarité gagne du terrain, même chez les personnes qui travaillent dur. Quelle est la solution selon vous?

    • Antoine Robert le

      Les entreprises devraient peut-être réévaluer les salaires et les avantages sociaux. Mais la situation économique globale rend cela difficile.

  5. Antoine Robert le

    Ce témoignage montre les difficultés grandissantes des travailleurs en France. Le SMIC ne permet plus de vivre décemment, surtout avec des charges comme la garde des enfants.

    • Oui, c’est un problème de plus en plus fréquent. Les politiques doivent trouver des solutions pour aider ces ‘slasheurs’ qui se battent pour joindre les deux bouts.

  6. Emeline Busquet incarne bien la réalité des travailleurs multitâches aujourd’hui. Son quotidien rappelle que le travail à temps plein n’est plus une garantie de stabilité financière.

    • C’est triste de constater que même avec deux emplois, elle doit encore se serrer la ceinture. À quel moment cela va-t-il s’arrêter?

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