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Dans la plaine littorale des Saintes-Maries-de-la-Mer (Hérault), tous les villages ont leur fête taurine traditionnelle au printemps et à l’été. Les mairies installent des grilles dans les rues et lâchent les taureaux qui broutent dans les manades voisines le reste de l’année. Les habitants, eux, s’amusent à franchir les larges barreaux des grilles pour se faire peur auprès des bêtes. Et parfois, ils prennent des risques : durant l’été, quatre personnes ont été tuées, et plusieurs gravement blessées lors de ces événements.
Trop pour l’assureur Groupama, qui a décidé de se désengager du secteur des fêtes taurines au 31 décembre. Après cette date, il n’assurera plus « les manadiers, gardiens bénévoles et comités des fêtes concernés, mais continuera à assurer les sociétaires pour leurs activités professionnelles, sans la garantie “jeux taurins” », détaille le groupe, sollicité par mail. Depuis plusieurs décennies, Groupama Méditerranée couvre la moitié des 150 manadiers dans les trois départements concernés (Gard, Bouches-du-Rhône, Hérault).
Mais ces trois dernières années, il a dû verser 5,7 millions d’euros pour indemniser les sinistres sur trois ans, pour 3,2 millions d’euros de cotisations. L’assureur justifie son retrait en soulignant que ce sont les sociétaires de Groupama Méditerranée qui supportent ces pertes. « Malgré des efforts collectifs pour faire progresser les pratiques et renforcer la prévention, la filière reste structurellement déséquilibrée », avance-t-il, évoquant le nombre croissant d’accidents, et rejetant l’option d’une hausse de ses tarifs, « qui rendrait le prix de l’assurance inabordable pour les manadiers ».
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12 commentaires
Ces fêtes attirent du tourisme, mais au prix de pertes humaines. Faut-il vraiment les poursuivre ?
Les jeux taurins sont dangereux, mais ils font partie de la culture locale. Comment trouver un équilibre ?
La culture ne justifie pas les risques inutiles, mais une solution doit être trouvée.
Une décision courageuse de Groupama, mais qui va-t-elle compliquer la tenue de ces fêtes traditionnelles ?
Effectivement, cela pourrait refroidir les organisateurs, mais la sécurité doit primer.
Peut-être que d’autres assureurs prendront le relais, malgré les risques.
Une assurance qui refuse de couvrir ces risques, c’est un signal clair sur leur dangerosité.
Oui, et cela devrait faire réfléchir les organisateurs.
Une décision logique après tant d’accidents. La tradition ne doit pas justifier l’insécurité.
Les manadiers vont devoir trouver d’autres méthodes pour organiser ces événements en sécurité.
Groupama a perdu 5,7 millions en 3 ans, difficile de lui reprocher ce désengagement.
L’assurance doit aussi être un métier rentable, pas seulement philanthropique.