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Pour les habitants de Cajamar, une ville située à 30 kilomètres au nord-ouest de Sao Paulo, le paysage est devenu méconnaissable. D’immenses blocs de béton et d’aluminium se sont installés le long des routes, autrefois bordées de collines couvertes de forêt tropicale, d’eucalyptus et de ruisseaux. A la suite de l’explosion, depuis la pandémie de Covid-19, du commerce en ligne, qui a bondi de 311 %, entre 2019 et 2024, selon le ministère de l’industrie, Cajamar est devenue le principal centre logistique du pays.
Au total, 3 millions de mètres carrés d’entrepôts ont recouvert la ville afin de stocker les marchandises de géants de la livraison comme Mercado Livre, Amazon ou Shopee, selon Siila, une entreprise spécialiste du marché immobilier latino-américain. Cajamar leur offre de nombreux avantages : outre sa proximité avec Sao Paulo, le plus grand centre de consommation du pays, « la ville est reliée par deux routes importantes et la mairie offre des exonérations fiscales aux entreprises logistiques », explique Aldo Garcia, urbaniste à l’université Unicamp.
L’essor des centres de distribution a transformé le quotidien des 92 689 « Cajamarenses ». Daniel Santos, un retraité de 60 ans, vit en bordure d’une route face à une colline où trône un entrepôt loué par Amazon. Lorsqu’il était jeune, le quartier était calme. « Tout ça était couvert de forêt », dit-il en pointant le hangar. En dehors des serpents et des lézards géants qui s’aventuraient occasionnellement hors de la forêt, les visiteurs étaient rares.
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17 commentaires
3 millions de mètres carrés, c’est énorme. J’espère que la ville a prévu des mesures pour contrer la pollution et le bruit.
Les infrastructures ont dû suivre, mais les habitants parlent surtout de la disparition des espaces naturels.
Cajamar semble être la nouvelle capitale logistique du Brésil. Les retombées pour la population locale sont-elles proportionnelles ?
Pour l’instant, les entreprises semblent en tirer plus de bénéfices que les habitants.
Les routes et les incitations fiscales expliquent cette explosion logistique, mais quelle ouverture d’esprit a dû avoir la mairie.
Ou plutôt, quelle nécessité économique probablement… les choix politiques suivent souvent les opportunités.
Cajamar a vraiment changé en quelques années, tout cela pour la logistique. Est-ce que les habitants en profitent autant que les entreprises ?
Perso, je trouve ça triste de voir la forêt disparaître au profit d’entrepôts, même si c’est bon pour l’économie.
Les exonérations fiscales aident les entreprises, mais les avantages pour les locaux ne sont pas toujours évidents.
Avec la demande croissante en livraison rapide, Cajamar était peut-être destinée à devenir un hub logistique.
C’est logique, mais est-ce que le modèle est soutenable à long terme ?
Intéressant de voir comment la pandémie a accéléré la transformation des villes industrielles.
Oui, et Cajamar en est un exemple frappant avec ses millions de mètres carrés d’entrepôts.
Avec la croissance du e-commerce, les villes comme Cajamar deviennent incontournables. Dommage que l’environnement en fasse les frais.
C’est le problème de l’expansion industrielle : on gagne sur un tableau, on perd sur l’autre.
La proximité avec São Paulo est un atout majeur, mais à quel prix pour l’environnement et la qualité de vie ?
Les villes industrielles ont souvent cette dualité : croissance économique rapide, mais au détriment de leur identité.