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Le Parquet national antiterroriste (PNAT) « a décidé de ne pas retenir sa compétence » dans l’enquête ouverte à la suite du périple criminel de l’automobiliste qui a renversé volontairement cinq personnes sur l’île d’Oléron mercredi, a annoncé le parquet de La Rochelle, jeudi 6 novembre. C’est ce dernier qui « continue en conséquence à diriger les investigations en cours menées par la section de recherches de Poitiers et la DZPN [direction zonale de la police nationale] de Bordeaux », précise dans un communiqué le procureur de la République, Arnaud Laraize. Le suspect est toujours en garde à vue.
Les deux victimes grièvement blessées sur l’île d’Oléron sont sorties d’affaire a déclaré plus tôt dans la journée le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, sur France Inter. Il a confirmé, par ailleurs, l’autoradicalisation religieuse récente du mis en cause. « Ils sont toujours en urgence absolue, mais (…) le pronostic vital n’est plus engagé », a précisé le ministre de l’intérieur. « Ça reste des blessures extrêmement graves, notamment pour cette jeune femme, qui a de multiples traumatismes, et on a évidemment une pensée pour les cinq victimes, et en particulier pour les deux victimes les plus touchées », a-t-il poursuivi.
« Il reste à savoir si ça a été déterminant ou pas dans le passage à l’acte et quelle a été la motivation de l’individu », âgé de 35 ans et présenté comme un marginal alcoolique sur l’île, a ajouté le ministre. Le suspect a percuté délibérément cinq piétons ou cyclistes mercredi matin au volant de son véhicule avant de crier « Allahou Akbar ! » (« Dieu est le plus grand ! ») lors de son interpellation. Deux des victimes ont été grièvement blessées : une jeune femme de 22 ans, collaboratrice d’un député du Rassemblement national, et un cycliste de 69 ans.
Enquête pour « tentatives d’assassinats »
L’auteur des faits n’était pas connu des services de renseignement pour une éventuelle radicalisation, avait expliqué mercredi M. Nuñez sur l’île. Le parquet de La Rochelle a ouvert une enquête pour tentatives d’assassinats. Le ministre de l’intérieur a parlé de « périple meurtrier » plutôt que d’« attentat ». « Je n’irais absolument pas jusque-là », a dit M. Nuñez. « C’est à la justice [de le dire]. Personne ne nie qu’il a crié effectivement “Allahou Akbar !”. Il y a des références religieuses chez lui assez claires, assez explicites. »
Interrogé pour savoir s’il y avait eu une possible autoradicalisation du mis en cause, qui aurait découvert la religion musulmane il y a un mois selon certains médias, le ministre a répondu : « Je vous le confirme. » « C’est le Parquet national antiterroriste qui va, au travers d’une expertise psychiatrique qui a eu lieu hier [mercredi], de perquisitions, d’une étude de la téléphonie, déterminer si ces éléments ont été déclencheurs dans l’action violente », a-t-il souligné.









8 commentaires
Étonnant que le PNAT ne retienne pas sa compétence. Est-ce un choix stratégique ou une question juridique ?
La décision semble logique si les preuves ne justifient pas un cadre antiterroriste.
Les blessures des victimes sont graves, mais leur vie n’est plus en danger. Cela reste toutefois une attaque choquante.
L’enquête doit approfondir les liens entre la radicalisation et cet acte.
Cette affaire rappelle l’importance de la vigilance face aux actes violents. On espère que les autorités clarifient rapidement les motivations du suspect.
L’autoradicalisation est une menace grandissante et nécessite une action préventive.
Le ministre a confirmé que les victimes sont hors de danger. Une bonne nouvelle dans cette sombre affaire.
Le pronostic vital n’est plus engagé, mais les séquelles restent graves.