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Il aura fallu attendre quarante jours pour enregistrer un premier pas significatif vers la fin du plus long shutdown de l’histoire des Etats-Unis. Les sénateurs républicains et démocrates ont trouvé un accord provisoire, dimanche 9 novembre, permettant le financement du gouvernement jusqu’en janvier. Avec le soutien de certains démocrates, le texte a été approuvé par 60 voix pour (40 contre) lors de cette rare session dominicale.
Le pays est, depuis le 1er octobre, en situation de paralysie budgétaire, ce qui provoque la fermeture des services dits « non essentiels » de l’Etat fédéral. Des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux travaillent sans être payés.
Après son approbation au Sénat, le texte doit encore passer devant la Chambre des représentants avant d’être soumis à Donald Trump pour signature. « Il semble qu’on approche de la fin du shutdown », a déclaré le président américain, dimanche soir, lors de son retour à la Maison Blanche, sans dire toutefois s’il approuvait l’accord.
Selon des parlementaires, l’accord trouvé au Sénat doit permettre de renflouer le programme d’aide alimentaire qui soutient 42 millions d’Américains – un sur huit –, et dont les versements sont perturbés par le blocage du budget. Dans la semaine, un tribunal a ordonné à l’administration Trump de puiser dans des fonds de réserve pour débloquer cette aide mais la Cour suprême a suspendu, vendredi, cette décision.
L’accord de dimanche implique aussi l’annulation du licenciement de milliers de fonctionnaires fédéraux et la tenue d’un vote sur l’extension des aides pour les soins de santé, qui doivent expirer à la fin de l’année. La proposition « protégera les fonctionnaires fédéraux contre les licenciements abusifs, réintégrera ceux qui ont été licenciés à tort pendant le shutdown, et garantira que les fonctionnaires fédéraux recevront leur salaire rétroactivement », a affirmé le sénateur démocrate Tim Kaine dans un communiqué.
« Ce combat va et doit continuer », dit le démocrate Chuck Schumer
Depuis des semaines, la pression monte sur les parlementaires pour s’entendre sur une sortie de crise. Les démocrates ont voté à plusieurs reprises contre la réouverture des services gouvernementaux, exigeant la prolongation des crédits d’impôt qui rendent la couverture santé plus abordable pour les plans proposés dans le cadre de « l’Obamacare ».
Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a déploré, dimanche, que l’extension de ces aides à la santé fasse l’objet d’un vote et non d’une prolongation directe. « Ce combat va et doit continuer », a-t-il lancé à la chambre haute du Congrès.
Cet accord ne fait d’ailleurs pas l’unanimité chez les élus de gauche. Le sénateur indépendant du Vermont Bernie Sanders, qui siège avec les démocrates, a déclaré qu’abandonner le combat était une « terrible erreur ».
Plus de 2 700 vols annulés dimanche
Néanmoins, cette perspective de résolution du conflit intervient alors que la pagaille dans les aéroports est devenue le principal point d’attention de cette bataille politique sur le budget, chaque parti cherchant à rejeter sur l’autre la responsabilité des galères vécues par les voyageurs à travers le pays.
Le régulateur américain de l’aviation, la FAA, a demandé vendredi aux compagnies de réduire progressivement leur programme de vols intérieurs, en raison de l’absence de nombreux contrôleurs aériens. Plus de 2 700 vols ont été annulés dimanche aux Etats-Unis, et 10 000 retardés, selon le site FlightAware. Sont affectés notamment les aéroports Newark et LaGuardia de New York, O’Hare de Chicago et Hartsfield-Jackson d’Atlanta.
Le ministre des transports, Sean Duffy, a averti, dimanche, qu’une prolongation du blocage budgétaire aggraverait la situation, la fête de Thanksgiving à la fin du mois approchant. « Le trafic aérien va se réduire à peau de chagrin alors que tout le monde veut voyager pour voir sa famille », a-t-il menacé sur la chaîne Fox News. « Vous allez voir moins de contrôleurs aériens venir au travail, ce qui signifie qu’il n’y aura qu’une poignée de vols qui vont décoller et atterrir », a-t-il ajouté.
Un retour à la normale du trafic aérien pourrait prendre des jours après la fin de la paralysie, le temps que le financement fédéral, qui comprend les salaires, relance la machine.
Donald Trump invoqué la paralysie budgétaire, due à des désaccords entre républicains et démocrates au Congrès, comme une des causes de la série de défaites électorales essuyées par son camp, le 4 novembre.





9 commentaires
Intéressant de voir comment les deux partis ont finalement trouvé un terrain d’entente. Reste à voir ce que Trump va faire.
Les détails de cet accord sont-ils publics? Ça serait intéressant de voir les concessions de chaque camp.
Pourquoi attendre si longtemps pour un accord? La paralysie a coûté cher en temps et en argent.
Le shutdown a montré une fois de plus les blocages politiques aux États-Unis. Les citoyens en subissent directement les conséquences.
Enfin un accord trouvé, espérons que ce sera suffisant pour éviter une nouvelle crise à court terme.
Ce shutdown a déjà eu des conséquences graves, surtout pour les plus vulnérables. L’accord est un soulagement, mais temporaire.
Quarante jours de shutdown, c’est beaucoup trop long. Les fonctionnaires méritent mieux que ça.
La situation des fonctionnaires non payés est inacceptable. Cet accord est une première étape, mais pas une solution définitive.
Un accord provisoire jusqu’en janvier, ça veut dire qu’on pourrait revenir au même point dans quelques mois?