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Aussi fin technicien que psychologue, arrimant sa cinéphilie sur une vibrante francophilie, Richard Linklater filme comme personne les scènes de groupe, le temps qui file, les volte-face du destin. Autant de qualités réunies par son nouveau long-métrage, Nouvelle Vague, qui donne à voir la genèse d’A bout de souffle (1960), de Jean-Luc Godard. De passage à Paris, le cinéaste de 65 ans en profite pour évoquer sa ville d’Austin, au Texas, refuge « alter » en passe de devenir un repaire libertarien.
« Nouvelle Vague » est-il un film de fantômes ?
En un sens, oui. Il y a treize ans, avec mes collaborateurs Vince et Holly Palmo [coscénaristes du film], on s’est amusés à faire revivre les cinéastes de la Nouvelle Vague à l’intérieur d’une « bulle de croyance ». Comme lorsqu’on rappelle les esprits, lors d’une séance de spiritisme. Grâce au soutien crucial d’ARP Sélection [société de production et de distribution française], tous ces cinéastes ont fini par revenir : Rohmer, Varda, Rivette, Rossellini… et ils semblaient heureux.
Avez-vous pensé à « La Nuit américaine » (1973), où François Truffaut met en scène, de même, la fabrication d’un film ?
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