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L’essayiste Raphaël Llorca, qui a publié, le 17 décembre, une longue enquête consacrée à Patrick Sébastien, « Le “Grand Bluff” : politique de Patrick Sébastien », dans la revue Le Grand Continent, estime que le chanteur incarne une inflexion du populisme, avec son dispositif artisanal et presque anachronique, à rebours des « ingénieurs du chaos » décrits par Giuliano da Empoli, et l’invention d’une sorte de « dégagisme festif ».

Le chanteur et ex-animateur de télévision Patrick Sébastien vient d’annoncer la création d’un mouvement citoyen intitulé « Ça suffit », afin de peser sur l’élection présidentielle de 2027. Faut-il le prendre au sérieux ?

Pour appréhender l’émergence d’objets politiques de ce type, il faut lutter contre deux tentations symétriques : balayer l’initiative comme un épiphénomène voué à disparaître ou, à l’inverse, lui prêter une portée démesurée. Je préconise de le traiter comme un symptôme politique, indépendamment de ses chances de succès. « Ça suffit » dit quelque chose du besoin de nouveaux intermédiaires. Nous sommes dans un moment politique singulier, où le pouvoir apparaît comme absent – absorbé par la recherche d’équilibres parlementaires et mobilisé par le vote du budget. Dans ce contexte, les besoins et les revendications qui remontent du pays peinent à trouver un débouché.

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10 commentaires

  1. Antoine E. Richard le

    La comparaison avec Giuliano da Empoli est intéressante. Le populisme artisanal de Sébastien lui permettrait-il de résister aux « ingénieurs du chaos » ?

  2. Chloé Martin le

    Le mouvement « Ça suffit »lerdenier de la colère des citoyens face à la classe politique. Est-ce une tendance durable ?

  3. L’émergence de ces mouvements montre bien le manque de représentation politique actuelle. Une vraie prise de conscience est-elle en marche ?

  4. Louis Bernard le

    Patrick Sébastien semble incarner une nouvelle forme de populisme, mêlant humour et critique politique. Qui pensera s’y intéresser sérieusement ?

  5. « Ça suffit » semble être une réponse à l’absence perçue de leadership politique. Peut-il apporter une alternative crédible ?

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