Listen to the article
« Quand nous sommes arrivés au Salvador, le directeur de la prison nous a dit : “Bienvenue en enfer, ici vous entrez vivants mais en sortirez morts” », raconte William (qui n’a pas souhaité donner son nom), joint par téléphone à Caracas.
L’homme de 27 ans a fait partie du groupe des 238 Vénézuéliens expulsés des Etats-Unis le 16 mars vers le Salvador et son centre de confinement du terrorisme (Cecot), une prison qui sert de vitrine à la politique autoritaire du président salvadorien, Nayib Bukele. Après quatre mois dans ce qui s’est effectivement révélé être un enfer, il a été envoyé au Venezuela le 18 juillet.
William n’a pu retrouver un emploi au Venezuela, alors qu’il a eu une rupture des ligaments des genoux lors de son séjour au Cecot. « Dès qu’on a posé le pied au Salvador, on a été constamment frappés », raconte ce couturier qui avait poursuivi le « rêve américain » : « Je voulais travailler dur et revenir au Venezuela pour ouvrir une fabrique de pantalons. » Comme lui, près de 8 millions de Vénézuéliens auraient quitté leur pays depuis 2014.
Il a donc traversé à pied l’Amérique centrale, en commençant par la jungle du Darien, entre la Colombie et le Panama, jusqu’au Mexique, pour atteindre la frontière nord-américaine le 21 janvier 2024 : « Je me suis rendu aux gardes-frontières américains, comme tous les migrants le faisaient à l’époque. Mais je n’ai rien vu des Etats-Unis, j’ai passé quatorze mois en prison avant d’être envoyé au Salvador. »
Il vous reste 81.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.






15 commentaires
Je me demande quelles mesures les organisations internationales pourraient prendre pour arrêter ces abus.
Les politiques migratoires des États-Unis et du Salvador laissent beaucoup à désirer. Traiter ainsi des êtres humains n’est tout simplement pas acceptable.
Complètement d’accord, c’est un scandale international qui devrait faire réagir.
Des témoignages comme ceux de William devraient servir de leçon aux gouvernements qui crimin sensibiliser aux droits humains.
Les politiques migratoires semblent souvent Ignorer l’impact humain. Quand est-ce que ça va changer?
Comment les États-Unis peuvent justifier une telle collaboration avec un gouvernement qui viole clairement les droits humains?
La question reste en suspens, mais les conséquences sont dramatiques pour les migrants.
Inutile de préciser que la situation économique au Venezuela pousse les gens à prendre des risques inconsidérés.
Effectivement, l’extrême pauvreté et la violence sont les moteurs de ces migrations dangereuses.
Les migrants qui traversent le Darien font face à des conditions extrêmes. Leur expérience est souvent bien pire qu’ils ne l’imaginaient.
C’est une tragédie humaine qui se répète sans fin.
Avec 8 millions de Vénézuéliens ayant fui leur pays, la situation devient critique. Il faut des solutions durables et humaines.
C’est terrifiant de voir à quoi ressemble un pays gouverné par un régime autoritaire. Les conditions dans cette prison sont inhumaines.
Et dire que c’est utilisé comme une vitrine par le gouvernement salvadorien. Triste réalité.
Ça rappelle des périodes sombres de l’histoire. Espérons que ça ne se propage pas.