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« Le soir de Noël, quand j’avais huit ans, je courais, quelques sous en main donnés par ma mère (…). Je revenais un peu avant minuit portant dans une main une admirable orange (…). Ma mère la tirait de son papier de soie ; tous deux nous en admirions la grosseur, la rondeur, l’éclat… », relate l’écrivain Jean Guéhenno (1890-1978) dans son autobiographie, Changer la vie, mon enfance et ma jeunesse (Grasset, 1961, rééd. 1990).

Parmi les bonheurs simples des Noël de jadis, le fruit doux et sucré de l’oranger (Citrus sinensis) se pare d’une couleur, d’une saveur, d’une senteur particulières. Il se distingue de son homologue amer, le produit du bigaradier (Citrus aurantium). Tout d’abord par son origine, sur l’arbre généalogique des agrumes. Le bigaradier, en effet, est directement issu du croisement d’un mandarinier sauvage avec un pamplemoussier sauvage, en Chine, il y a des milliers d’années.

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