Listen to the article
LETTRE DE SÉOUL
Un tigre majestueux descendu de la montagne scrute avec autorité les lieux. Trois tigreaux badinent au pied d’un pin. Deux pies les observent depuis les branches de l’arbre. Le tableau sans titre réalisé par un anonyme au début de la guerre d’Imjin (1592-1598) contre le Japon – la mention imjin (« année du Dragon d’eau », en l’occurrence 1592) apparaît sur le tableau – est aussi la plus ancienne connue des scènes du genre coréen appelé hojakdo (« genre pies et tigre »), qui fait l’objet d’une exposition jusqu’au 30 novembre au Musée d’art Leeum à Séoul.
Ce genre est né en Chine à l’époque Yuan (1271-1368), avant de gagner la péninsule où il a pris un tournant typiquement coréen. Abondamment repris au fil de la période Choson (1392-1910), il y a acquis une dimension humoristique, voire de satire sociale, jusqu’à inscrire le duo pie et tigre dans le quotidien. Les deux animaux occupent même une place à part dans K-Pop Demon Hunters, un film d’animation musical américain réalisé par Maggie Kang et Chris Appelhans, sorti en 2025 sur Netflix. Parmi les personnages les plus appréciés figurent les inséparables tigre Derpy et pie Suzy.
Il vous reste 79.16% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.






11 commentaires
Des expositions comme celle-ci montrent à quel point l’art coréen mérite plus de visibilité internationale.
Tellement d’accord, leur héritage artistique est souvent sous-estimé.
La satire sociale à travers l’art animalier est une spécialité coréenne très sous-explorée en Europe.
Exact, c’est dommage que ces thèmes ne soient pas plus connus chez nous.
Fascinant de voir comment la mythologie coréenne inspire encore des créations modernes comme K-Pop Demon Hunters.
Quand même incroyable que des motifs vieux de plusieurs siècles trouvent encore un public aujourd’hui.
Absolument, la culture traditionnelle se mêle à la modernité de manière très intéressante.
Dommage qu’il ne reste que 79% de l’article, j’aurais aimé en savoir plus sur l’évolution de ce genre artistique.
Oui, c’est frustrant, mais cela donne envie de visiter le musée Leeum pour en apprendre davantage.
Les tigres et pies dans la K-pop, qui l’aurait cru ? C’est un mélange culturel audacieux mais réussi.
La culture coréenne sait vraiment surprendre avec ses associations originales.