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Il suffit parfois d’un unique événement pour cristalliser le malaise et le désarroi qui s’accumulent au sein d’une institution. Ainsi du départ, le 15 novembre, du directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Benoît Vallet, qui s’est vu refuser, par le gouvernement, la possibilité d’assurer l’intérim à la tête de l’agence jusqu’à la nomination de son successeur. Vécue en interne comme une humiliation, après plusieurs années de fortes tensions avec le pouvoir – en particulier sur les questions agricoles –, cette décision nourrit un peu plus le sentiment d’abandon et l’inquiétude pour l’avenir qui prévalent au sein de l’agence.
Forte de 1 400 agents, celle-ci est investie d’une diversité de missions d’expertise dans des domaines aussi variés que les médicaments vétérinaires et la santé animale, les pesticides, les biotechnologies végétales, les additifs alimentaires, la santé au travail et la santé environnementale au sens large.
C’est dans un climat de profond malaise que son conseil d’administration s’est réuni, vendredi 21 novembre. Avec, comme signe saillant de l’accumulation des dysfonctionnements, un nombre considérable de postes vacants à la tête de l’agence. En plus de son directeur général, l’agence a perdu sa directrice générale adjointe en octobre et fonctionne depuis un an sans directeur administratif et financier et sans directeur des ressources humaines. Autant de fonctions aujourd’hui exercées par des intérimaires.
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10 commentaires
Une situation préoccupante, surtout dans un contexte où les enjeux sanitaires et environnementaux sont de plus en plus critiques.
Un départ humiliante pour un homme qui a dédié sa carrière à l’Anses. La gestion de cette crise en dit long sur le mépris actuel pour les institutions publiques.
Pourquoi refuser à un DG plutôt méthodique un intérim de quelques semaines ? La transparence serait la bienvenue.
Les agents de l’agence méritent mieux que ça. L’expertise sanitaire ne doit pas être malmenée par des calculs politiques.
Les désaccords sur les pesticides avaient forcément fin par créer des fractures. Dommage que ça se règle par des humiliations.
Une agence de 1 400 agents, et toujours pas de successeur pour son directeur. Quelle gestion !
Comment l’Anses va-t-elle assurer ses missions essentielles dans ce climat de défiance ?
Les tensions avec le gouvernement sur les pesticides et les biotechnologies n’arrangent rien.
Quelle ironie : une agence qui veille à la sécurité sanitaire mais qui elle-même souffre d’un manque criant de stabilité.
Le gouvernement devrait se demander comment rattraper la confiance perdue. L’Anses est un pilier de notre sécurité sanitaire.