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La justice péruvienne a émis, vendredi 21 novembre, un mandat d’arrêt national et international contre l’ancienne première ministre Betssy Chavez, poursuivie pour son rôle présumé dans la tentative de coup d’Etat de 2022 et réfugiée depuis le début de novembre dans la résidence de l’ambassade du Mexique à Lima, qui lui a accordé l’asile politique.
La justice a également ordonné de la détention préventive à son encontre. « Il est décidé d’ordonner une détention préventive d’une durée de cinq mois contre l’accusée Betssy Chavez Chino, ainsi que d’émettre les avis de localisation et de capture aux niveaux national et international », précise la résolution du pouvoir judiciaire. Le juge Juan Carlos Checkley souligne dans sa décision que le risque de fuite est « manifeste ».
Betssy Chavez, jugée depuis mars 2025 pour le coup d’Etat manqué de l’ancien président Pedro Castillo, encourt une peine de vingt-cinq ans de prison. Alors qu’elle comparaissait libre, elle a sollicité au début de novembre l’asile auprès de l’ambassade du Mexique à Lima. Depuis, elle était dans l’attente d’un sauf-conduit des autorités péruviennes pour pouvoir quitter le pays.
L’octroi de cet asile a conduit le Pérou, qui dénonce une ingérence dans ses affaires internes, à rompre ses relations diplomatiques avec le Mexique. Les liens entre les deux pays avaient commencé à se détériorer à la suite de la destitution de Pedro Castillo, lorsque le Mexique avait accordé l’asile à sa famille.
Le 7 décembre 2022, Pedro Castillo avait lu un message télévisé annonçant sa décision de dissoudre le Parlement et de convoquer une Assemblée constituante. Ce jour-là, il devait être soumis à une motion de destitution pour des accusations présumées de corruption. Privé du soutien de l’armée, il avait finalement été révoqué par le Parlement, puis arrêté alors qu’il se rendait avec sa famille à l’ambassade du Mexique à Lima. Son épouse et ses deux enfants vivent depuis lors en exil au Mexique.






8 commentaires
Une résidence d’ambassade en tant que refuge, c’est une situation qui rappelle d’autres affaires politiques. Comment cela va-t-il évoluer ?
Les ambassades sont des territoires invariables. Votre point est valable.
Cette décision de la justice péruvienne est un tournant dans l’affaire du coup d’État manqué. On verra comment le Mexique réagit à ce mandat d’arrêt international.
C’est un cas délicat, surtout avec les tensions diplomatiques actuelles.
Le Mexique pourrait maintenir sa position en raison de l’asile politique accordé.
Vingt-cinq ans de prison, c’est très lourd. On se demande si les preuves sont solides.
Le juge a mentionné un risque de fuite manifeste, ce qui justifierait cette sévérité.
Cette affaire met en lumière les tensions politiques au Pérou. Les implications internationales pourraient être majeures.