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Elle ne se sent « plus de gauche, mais au centre ». Elisabeth Borne, députée Ensemble pour la République du Calvados et ancienne première ministre, était l’invitée de « Questions politiques » ce dimanche. Une émission présentée par Alexandra Bensaid, avec Alix Bouilhaguet (France Télévisions) et Abel Mestre (Le Monde), sur France Inter et Franceinfo TV (canal 16).
Interrogée sur le budget de l’Etat, actuellement discuté au Sénat, l’ancienne première ministre a prôné le « compromis » pour que ce dernier soit adopté. « Ecoutez, on n’a pas le choix, a-t-elle déclaré. Tous les Français que je croise, les élus locaux, les chefs d’entreprise, les artisans, les commerçants, les agriculteurs, souhaitent qu’on sorte de l’incertitude actuelle, de cette instabilité et que notre pays puisse avoir un budget qui leur donne de la lisibilité, de la visibilité. »
« J’ai pu marquer, y compris en évoquant la possibilité d’un débat sur la suspension de la réforme des retraites, qu’on était ouverts au compromis », a-t-elle fait valoir, appelant les socialistes au dialogue et affirmant qu’« il y a heureusement une majorité de députés à l’Assemblée nationale, de la droite républicaine au Parti socialiste, qui sont conscients de la nécessité d’avoir un budget avant la fin de l’année ».
Et l’ex-cheffe du gouvernement, qui a elle-même utilisé l’article 49.3 de la Constitution 22 fois, n’a pas écarté l’idée que le premier ministre, Sébastien Lecornu, utilise cette arme constitutionnelle qui permet au gouvernement de faire adopter ses textes sans vote mais en engageant sa responsabilité, pour faire adopter le budget, malgré la promesse de ce dernier aux socialistes : « Les gens que je croise, franchement, (…) ils s’en fichent de la méthode, ce qu’ils veulent, c’est qu’on ait un budget. (…) C’est le choix du gouvernement. (…) Il y a différentes façons d’y parvenir et ça fait partie des discussions qu’il faut que le premier ministre ait avec les différents groupes représentés à l’Assemblée nationale. »








9 commentaires
Le débat sur la réforme des retraites est encore loin d’être clos, malgré les déclarations d’ouverture. Les socialistes seront-ils en mesure de négocier des concessions significatives ?
Intéressant de voir comment Elisabeth Borne se positionne désormais au centre. Sa déclaration sur le 49.3 montre une certaine pragmatisme dès lors que l’objectif est clair.
Les Français s’en fichent de la méthode, mais s’en soucient-ils vraiment quand elle affecte leurs droits sociaux ?
Le pragmatisme est une nécessité en période d’incertitude, mais cela soulève des questions sur le respect du processus démocratique.
La mention de la visibilité et la lisibilité requise par les acteurs économiques est un argument fort, mais comment concilier cela avec les aspirations sociales ?
L’appel au compromis semble être une tendance récurrente dans le paysage politique actuel. Reste à voir si cela aboutira à des solutions durables.
Les compromis sont souvent fragiles, surtout lorsque les intérêts sont divergents.
On note une absence de mention sur l’impact de ces mesures sur les secteurs stratégiques comme l’énergie et les mines. Dommage, car ces industries sont cruciales pour la transition écologique.
Vous avez raison, ces secteurs méritent une attention particulière, surtout en cette période de transition énergétique.