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Maîtresse de conférences à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, Christel Coton est spécialiste de la sociologie de l’armée. Elle codirige notamment le Centre européen de sociologie et de sciences politiques. L’autrice d’Officiers. Des classes en lutte sous l’uniforme (Agone, 2017) revient sur les contours du service militaire volontaire qui débutera à l’été 2026 en France.
La France doit « accepter de perdre [ses] enfants », selon Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées. Comment interprétez-vous ses mots ?
En premier lieu, il est important de rappeler qu’un soldat n’est pas un enfant. Cette formule renvoie à une lecture patriotique et symbolique de l’engagement militaire pensé comme étant « au service » de la « mère » patrie.
Entamer un débat public sur une possible mobilisation en mettant exclusivement l’accent sur le sacrifice ultime qu’il peut appeler me semble inquiétant et peu susceptible d’engendrer des discussions rationnelles sur la société démocratique saisie par la guerre. Il existe d’autres façons d’appeler les citoyens sous l’uniforme.
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4 commentaires
L’armée comme institution de protection plutôt que guerrière, c’est une nuance importante. Comment cela se traduit-il concrètement ?
Intéressant d’avoir un regard sociologique sur l’évolution de la perception de l’armée. Comment cela impacte-t-il les recrutements aujourd’hui ?
Un débat rationnel sur la défense est nécessaire, mais l’accent sur le sacrifice peut-il vraiment encourager une mobilisation ?
La comparaison avec le patriotisme traditionnel est pertinente, mais est-ce suffisant pour motiver les jeunes aujourd’hui ?