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Les politistes pakistanais évoquent un coup d’Etat militaire réalisé avec l’appui des civils. Le Pakistan vient d’adopter une réforme constitutionnelle qui fait basculer le cinquième pays le plus peuplé au monde, doté de l’arme nucléaire, dans un nouveau régime.
Le 27e amendement à la Constitution, promulgué jeudi 13 novembre, renforce considérablement les pouvoirs du maréchal Asim Munir, chef d’état-major de l’armée, affaiblit un peu plus le pouvoir civil et judiciaire, et érode encore la démocratie, déjà bien malmenée ces dernières années, avec l’arrestation d’Imran Khan et de ses partisans.
Cet amendement accorde une immunité à vie au président actuel, Asif Ali Zardari, impliqué dans plusieurs affaires de corruption – mais également à Asim Munir. La réforme dispose en effet que tout militaire promu au grade de maréchal conservera à vie son rang et les privilèges qui l’accompagnent, tout en étant à l’abri de poursuites pénales. Asim Munir a acquis ce grade après le conflit éclair avec l’Inde, en mai, dont le Pakistan estime être sorti victorieux. Il n’y avait qu’un précédent dans l’histoire de ce jeune Etat, né de la partition avec l’Inde, en 1947 : l’ancien dictateur Ayub Khan (1958-1969), auteur d’un coup d’Etat en 1958, s’était attribué cette promotion.
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7 commentaires
Une situation préoccupante pour la démocratie pakistanaise, surtout avec les implications pour la stabilité régionale.
Vraiment, c’est un recul évident des principes démocratiques.
Cette nouvelle concentration de pouvoir risque d’attiser les tensions avec l’Inde, déjà fragiles.
L’immunité à vie accordée aux militaires est un danger pour l’état de droit.
Cela crée un précédent inquiétant pour les futures gouvernances.
La réforme constitutionnelle semble surtout servir les intérêts des élites militaires et politiques.
Peu de doute là-dessus, la transparence est clairement absente.