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Depuis quelques semaines, un représentant du gouvernement taliban s’est installé au consulat d’Afghanistan à Bonn, tandis qu’un autre est sur le point d’investir celui de Berlin. Ce sont les premiers émissaires du régime des talibans à occuper une représentation diplomatique dans l’Union européenne. Officiellement, pourtant, l’Allemagne ne reconnaît pas le pouvoir en place à Kaboul depuis août 2021, qu’elle considère comme non légitime. Celui-ci demeure largement ostracisé par la communauté internationale – seule la Russie le reconnaît officiellement.
Après la prise du pouvoir par les talibans il y a quatre ans, les diplomates nommés par le régime précédent avaient pour l’essentiel conservé leurs fonctions dans ce qui s’apparentait à une période de transition. Jusqu’à ce que, à l’automne 2024, Kaboul rappelle l’ambassadeur en poste à Berlin et le consul général à Bonn, indiquant ne plus accepter les visas et passeports délivrés par ces deux représentations. Seul le représentant du consulat de Munich demeure à son poste à ce jour.
Début octobre, une photo du nouvel émissaire taliban investi au consulat de Bonn, vêtu de la tenue traditionnelle afghane, circulait sur les réseaux sociaux. Quelques jours plus tard, le site Web du consulat était décommissionné.
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11 commentaires
Cette présence talibane en Allemagne est-elle temporaire ou le début d’une reconnaissance progressive ?
Difficile à dire, mais cela pourrait ouvrir la voie à des discussions futures.
La situation Afghan reste une épine dans le pied de la politique internationale.
Vrai, mais les talibans semblent éviter les provocations depuis quelques années.
Les talibans gagnent du terrain diplomatique malgré leur isolement. La Russie est leur seul allié ?
La Russie a toujours eu des intérêts spécifiques en Asie centrale.
Étonnant de voir les talibans s’installer en Europe alors que leur régime est rejeté par la plupart des pays.
C’est une question de pragmatisme et de réalisme politique.
C’est une situation complexe. L’Allemagne maintient une position ferme en refusant de reconnaître le gouvernement taliban, tout en lui permettant une présence diplomatique.
Une double position qui pourrait s’expliquer par des intérêts géostratégiques.
Pourquoi ne pas rompre complètement les relations ?