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LETTRE DE BRUXELLES
« L’histoire est digne de Game of Thrones », relate un observateur de la bulle européenne. Fin octobre, un frisson a parcouru les corridors du siège de la Commission européenne : le « monstre du Berlaymont » est annoncé de retour à Bruxelles. Martin Selmayr est affublé de ce surnom peu flatteur depuis son passage en tant que directeur de cabinet, de 2014 à 2018, de Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission, puis un an comme secrétaire général de l’exécutif européen. A l’époque, cet avocat allemand brillant, très politique, et connu pour la brutalité de certaines de ses décisions, était présenté comme l’homme le plus puissant de Bruxelles.
En 2019, à son arrivée à la présidence de la Commission, Ursula von der Leyen et son fidèle chef de cabinet, Björn Seibert, décident d’éloigner promptement leur concitoyen, à Vienne pour y diriger la délégation européenne puis plus récemment à Rome auprès du Saint-Siège. Mais cet automne, Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, a décidé de le recruter comme secrétaire adjoint du service européen d’action extérieure (SEAE) pour la géoéconomie et les questions institutionnelles.
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11 commentaires
Selmayr est connu pour son efficacité, mais aussi pour son côté impitoyable. Cela va-t-il vraiment aider à apaiser les tensions diplomatiques?
Certainement, mais sa réputation pourrait aussi compliquer les relations avec certains partenaires.
Une autre preuve que l’Europe a encore du travail à faire en matière de gouvernance.
Pourquoi refaire appel à quelqu’un dont le départ avait été perçu comme une victoire contre les méthodes autoritaires?
Par besoin de stabilité ou par manque d’alternatives ? Les deux sont plausibles.
Intéressant, mais est-ce que cette lutte interne va vraiment avoir un impact sur la diplomatie européenne ou est-ce juste des jeux de pouvoir?
C’est surtout une question de leadership. Un exécutif fort est essentiel pour la cohésion européenne.
Les jeux de pouvoir à Bruxelles sont légendaires, mais souvent stériles pour les citoyens européens.
La diplomatie économique semblait pourtant s’émanciper de ces jeux de pouvoir. Dommage.
On dirait que l’histoire se répète, avec les mêmes acteurs. Quel est l’objectif final de ces manoeuvres?
En guise conclusion : Game of Thrones à Bruxelles. Quand est-ce que la Commission se concentre sur les vrais enjeux ?