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Il manquera le match d’ouverture du Tournoi des six nations, un choc entre l’équipe de France masculine de rugby et le XV du Trèfle irlandais, comme trois autres cadres – Damian Penaud, Gaël Fickou et Gregory Alldritt –, mais Thibaud Flament l’a choisi. Alors que le sélectionneur, Fabien Galthié, a dévoilé, mercredi 21 janvier, les 42 joueurs appelés à préparer cette entrée en lice, le deuxième-ligne français a annoncé, dans la soirée, qu’il ne disputerait pas la rencontre. Et le joueur du Stade toulousain a choisi de ne pas faire mystère des « raisons personnelles » pour cette absence invoquées par le technicien lotois. Dans un entretien à L’Equipe, il a expliqué qu’avec sa compagne, qui souffre d’endométriose, ils ont engagé un parcours PMA (procréation médicalement assistée) dont la temporalité entre en conflit avec le match.

« Ethel, mon épouse, est atteinte d’endométriose, comme beaucoup de femmes aujourd’hui », développe Thibaud Flament dans le quotidien sportif. Cette maladie hormonodépendante inflammatoire chronique frappe une femme sur dix en âge de procréer, peut provoquer d’importantes douleurs, et les chercheurs estiment que la moitié des cas d’infertilité féminine seraient dus à cette affection. « Très vite, on s’est aperçu que ça n’allait pas forcément être simple d’avoir un enfant. On a compris qu’on allait devoir réaliser une PMA, poursuit le joueur de 28 ans (34 sélections). On ne peut pas maîtriser la date. Le timing est basé sur le cycle menstruel des femmes, avec tout un protocole autour de ça. Nous avons appris début janvier que la PMA tombe la même semaine que l’Irlande. (…) Ce n’est pas possible de faire les deux, donc je ne jouerai pas face à l’Irlande. »

« Le sujet n’est pas tabou »

Celui qui s’est imposé, depuis plusieurs années, comme l’un des cadres du XV de France de Fabien Galthié a expliqué la situation au sélectionneur dès qu’il l’a su ; et ils ont convenu qu’il manquerait – a minima – le match d’ouverture. Plutôt que de tenter de tout faire, et de risquer de devoir quitter ses partenaires peu avant le match, pour rejoindre sa femme. « C’est important de traverser cette étape à deux et pas sur courant alternatif, insiste Thibaud Flament. L’infertilité est un sujet délicat, complexe. »

Précisant que repousser la PMA « entraînait plus de risques et de stress [et] ce n’était pas cohérent avec [leur] désir d’avoir un enfant », le deuxième-ligne s’ouvre également sur le choix d’expliquer publiquement les raisons de son absence. « Le sujet n’est pas tabou et fait partie de notre vie. Cette maladie concerne beaucoup de gens, est souvent décelée tardivement [et] concerne le couple et pas uniquement les femmes », met-il en avant dans L’Equipe.

Thibaud Flament n’est pas le premier rugbyman français à prendre la parole sur l’endométriose. Quelques années avant lui, son coéquipier au Stade toulousain et en équipe de France Thomas Ramos avait évoqué la maladie de sa femme, Sophie, et les souffrances qu’elles lui provoquaient. Devenu parrain de l’association EndoFrance, l’arrière tricolore insistait, en 2020, pour « donner de la visibilité à la maladie dans ce milieu de garçons, un peu macho, où on ne parle pas de maladie, encore moins de maladie féminine ».

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