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La Jamaïque a perdu l’autre moitié d’un de ses plus fameuses sections rythmiques. Quatre ans après la disparition de son compère bassiste Robbie Shakespeare, le batteur Sly Dunbar est mort lundi 26 janvier à son domicile de Kingston. Il était âgé de 73 ans. Imperturbable derrière ses fûts et sous ses dreadlocks recouvertes d’un bonnet, d’un béret ou d’un casque de chantier, Sly Dunbar aura donné pendant plus de cinq décennies la pulsation d’un genre qui devait s’exporter dans le monde entier, à la faveur du triomphe de Bob Marley & The Wailers dans les années 1970.

Surnommés Drumbar and Basspear, Sly & Robbie, avec leur science du métronome et de la syncope rythmique, auront laissé leur nom sur les crédits de milliers d’enregistrements, jamaïcains ou non. Né à Kingston le 10 mai 1952, Lowell Fillmore Dunbar était devenu « Sly » pour son entourage en raison de son obsession pour le groupe de soul et funk psychédéliques Sly & the Family Stone. L’adolescent prend pour principal modèle Lloyd Knibb, batteur des Skatalites, stars du ska jamaïcain, auquel il ajoutera des influences américaines : la touche d’Al Jackson Jr., du groupe de rhythm’n’blues instrumental Booker T. & the MG’s, et celle des musiciens de sessions employés par le label Philadelphia International, qui fait basculer la soul dans le disco au cours des années 1970.

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