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CHRONIQUE

Avec Shonda Rhimes, Taylor Sheridan ou encore David E. Kelley, Ryan Murphy est une des rares personnalités de la télévision actuelle à pouvoir monter des projets uniquement sur son nom. Le prolifique showrunneur américain dessine, depuis une vingtaine d’années, un vaste portrait des obsessions de son pays, avec, pour dénominateur commun, une esthétique vernissée – « baroque » plutôt que camp, aime-t-il préciser –, et un goût assumé pour le Grand-Guignol. A l’occasion de la diffusion de The Beauty sur Disney+, voici un tour d’horizon subjectif d’une œuvre à la fois protéiforme et singulière.

Le goût du gore

Depuis le début des années 2000 et la diffusion de Nip/Tuck (2003-2010) sur FX (la série est aujourd’hui visible sur Prime Video), on reconnaît la touche Murphy à sa capacité à retourner l’estomac du téléspectateur. Plongée dans le quotidien d’une clinique esthétique de Miami, Nip/Tuck ne nous épargne aucun détail des demandes extravagantes des clients et des situations incongrues auxquelles ils se trouvent parfois confrontés – dans un épisode célèbre, les chirurgiens se retrouvent à « décoller » une femme obèse du canapé dans lequel elle est confinée depuis des années, faute de pouvoir se mouvoir.

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