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Il voulait « une tempête de mort ». Lorsqu’en 1995 le chorégraphe et artiste grec Dimitris Papaioannou demande à son complice de travail et compositeur Giorgos Koumendakis une partition à la mémoire des victimes du sida, il la veut dévastatrice. Trente et un ans après, alors qu’il remonte la production intitulée Requiem pour la fin de l’amour, à l’affiche de l’Opéra national d’Athènes jusqu’au vendredi 30 janvier, cette musique touffue, somptueuse, soulève une vague gigantesque. Gonflée de corps qui se recouvrent les uns les autres et déferlent du haut d’un escalier monumental, elle roule pour s’abattre dans une fosse commune avec un son mat. Et c’est bien la mort qui rafle tout sur son passage.

A peine mis en vente le 19 novembre 2025, les tickets se sont volatilisés pour cette performance, « la première œuvre jamais écrite en Grèce sur le sida, à une époque où un tel acte était une déclaration politique », selon Koumendakis. Mardi 27 janvier, les 1 300 spectateurs ont accueilli avec ferveur cette fresque anthracite à couper le souffle servie par 49 danseurs.

Dans l’écrin rouge de la salle, qui rappelle le verre de sang que deux protagonistes de la pièce remplissent en s’étreignant, elle profite de l’orchestre de l’Opéra, du chœur Meizon ainsi que de la soprano Diana Nosyreva sous la direction du chef Teodor Currentzis. A la fin de la représentation, une minute de silence permet de retrouver sa respiration pour saluer ce tombeau spectaculaire qui sera en novembre 2027 au Théâtre du Châtelet, à Paris.

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