Listen to the article
Certaines photos primées par le World Press, le prix le plus célèbre du photojournalisme, ont marqué l’histoire, voire défini la façon dont on se souvient de certains événements : la guerre du Vietnam à travers la petite fille brûlée au napalm, le drame des réfugiés syriens sous le prisme du petit Aylan, enfant dont le corps s’était échoué sur une plage turque… Difficile d’oublier cet homme au visage entaillé à coups de machette, réchappé par miracle du génocide perpétré contre les Hutu, saisi par James Nachtwey en 1994. Ou cette veillée funèbre, au Kosovo, en 1990, aux allures de peinture religieuse photographiée par Georges Mérillon, qui annonçait le début de la guerre de Yougoslavie.
Chaque année, le World Press Photo fait tourner à travers le monde sa traditionnelle exposition qui célèbre les nouvelles photos récompensées. Mais pour fêter ses 70 ans, l’association basée aux Pays-Bas a choisi de rompre avec l’autocongratulation. Elle en a même pris le contrepied avec une exposition audacieuse, bien loin de la glorification des héros du passé. « What Have We Done ? » (« qu’avons-nous fait ? ») , présentée à Groningen, dans le nord des Pays-Bas, avant une tournée mondiale, revisite l’histoire du photojournalisme en pointant les figures imposées et les clichés de la photo de presse de ces soixante-dix dernières années.
Il vous reste 79.47% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.









7 commentaires
L’initiative est louable, mais j’espère que cela ne va pas Larsson vers une autocensure excessive.
Un sujet intéressant, mais comment cette réflexion critique influence-t-elle le travail des photographes actuels?
Les photographes doivent-ils maintenant éviter de montrer la brutalité pour éviter les critiques ?
Je me demande si cette autocritique va mettre en lumière de nouvelles façons de raconter l’histoire.
Cette exposition semble remettre en question la notion même de glaçure dans le photojournalisme.
Les images marquantes ont souvent choqué, mais elles ont aussi éduqué le public. Serait-ce différent aujourd’hui ?
La sensibilité du public a évolué, mais le rôle du photojournalisme reste crucial.