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Six années d’une instruction chaotique, de polémiques et de volte-face sous très haute exposition médiatique, vont être débattues, hors de tout public, devant la cour criminelle de Paris qui juge, à compter du lundi 2 mars, l’islamologue suisse Tariq Ramadan, 63 ans, accusé du viol de trois femmes. L’une des plaignantes ayant annoncé son intention de solliciter le huis clos, les portes de la cour criminelle ne rouvriront que le vendredi 27 mars, pour l’annonce du verdict. Les faits dénoncés – des rapports d’une très grande violence, accompagnés de coups et d’humiliations – se seraient produits dans des hôtels à Paris et Lyon, en 2009, 2012 et 2016.
Des cinq femmes qui s’étaient initialement constituées partie civile contre Tariq Ramadan, deux ont été écartées au terme du long processus judiciaire ouvert en 2017, dans la foulée du mouvement #MeToo. En juillet 2023, les juges chargées de l’instruction avaient décidé de renvoyer le prédicateur pour les viols dénoncés par quatre plaignantes, conformément à l’avis du parquet de Paris.
Les 350 pages de leur ordonnance de mise en accusation – soit l’équivalent de celle rendue dans l’affaire des viols de Mazan avec 51 accusés – offrent une effarante plongée dans une enquête constamment polluée par les réseaux sociaux, les théories du complot, les investigations parallèles, les menaces et les tentatives de manipulation exercées tant par les partisans du prédicateur que par ses plus farouches adversaires. Elles montrent aussi la complexité d’un dossier, liée à la personnalité de l’accusé et au statut particulier que lui conférait, aux yeux des plaignantes, son rôle de prédicateur musulman.
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