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Une défection de poids attend le Festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême. Désignée Grand Prix par ses pairs en janvier 2024, Anouk Ricard a annoncé, mardi 14 octobre, qu’elle ne se rendrait pas à sa prochaine édition (du 29 janvier au 1er février 2026). Son choix est un pavé lancé dans la mare du festival. Traditionnellement, le lauréat du Grand Prix – distinction récompensant un auteur ou une autrice pour l’ensemble de son œuvre – se voit en effet confier la réalisation de l’affiche officielle du festival de l’année suivante, au cours duquel une exposition lui est par ailleurs consacrée.
La décision d’Anouk Ricard s’inscrit dans un contexte de forte défiance entre le milieu de la bande dessinée et la société privée, 9e Art+, qui organise la manifestation charentaise. « C’est un choix personnel, réfléchi, en accord avec mes convictions et en soutien aux voix qui demandent un changement nécessaire et qui appellent au boycott », écrit la dessinatrice d’Anna et Froga (Sarbacane, 2014) sur son compte Instagram.
Critiquée pour sa gestion financière et humaine, 9e Art+ se trouve dans le collimateur de la profession (auteurs, éditeurs) depuis dix mois et la parution d’une enquête de L’Humanité Magazine pointant ses dysfonctionnements : management toxique, opacité comptable, soupçons de népotisme, dégradation de l’offre artistique – griefs auquel il faut ajouter le licenciement d’une salariée après sa plainte pour un viol présumé lors de l’édition 2024.
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14 commentaires
Décision courageuse, mais je me demande quelles seront les conséquences pour les futurs lauréats.
Leonardo fifa ce genre de boycott pourrait se généraliser.
Le festival devra peut-être revoir sa gouvernance pour retrouver la confiance des auteurs.
Oui, les critiques financières et humaines pèsent lourd.
Intéressant de voir comment une délégation de responsabilité peut devenir politique.
Oui, c’est le reflet des combats actuels pour l’éthique dans le milieu culturel.
Ce retrait d’Anouk Ricard est un symbole fort des tensions actuelles dans le monde de la bande dessinée.
Le festival d’Angoulême perd-il son influence avec ces controverses?
Effectivement, cela montre que les auteurs ne restent pas silencieux face aux problèmes de gestion.
Un Grand Prix qui refuse l’associer à l’événement, voilà qui pourrait faire jurisprudence.
Surtout avec la méfiance généralisée envers 9e Art+.
Dommage pour le public, qui va manquer une exposition attendue.
Peut-être qu’une alternative éthique émergera.
C’est vrai, mais la personnalité de l’artiste prime ici.