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Dix-sept ans après son César du meilleur espoir féminin pour La Graine et le mulet (2007), Hafsia Herzi, 38 ans, a reçu cette année le César de la meilleure actrice pour son rôle de surveillante de prison dans Borgo (2023). Egalement réalisatrice, elle présente La Petite Dernière, en salle le 22 octobre. Ce film, adapté du roman de Fatima Daas (Les Editions Noir sur blanc, 2020), met en scène une jeune femme arabe lesbienne, de confession musulmane, en proie à ses tiraillements. Nous rencontrons Hafsia Herzi dans un café qui borde la gare de l’Est, à Paris. Elle s’apprête à prendre un train pour rentrer en Lorraine, où elle vit avec son mari et ses fils.

Je ne serais pas arrivée là si…

… Si je n’avais pas été encouragée par ma mère, Messaouda. Rien ne me destinait à réaliser mon rêve. J’ai grandi dans les barres des quartiers nord de Marseille, aux Oliviers, cité E. Je n’ai pas connu mon père. Il est mort sur un chantier quand j’avais 1 an. Il me reste de lui mon prénom, qui est un vieux prénom tunisien.

Très petite, vers 4 ou 5 ans, j’avais envie de filmer. Je faisais des mises en scène avec des jouets et un faux caméscope en plastique. J’ai dit à ma mère que je voulais tenir une caméra. Elle m’achetait de temps en temps un appareil photo Kodak jetable, on allait dans un centre commercial pour développer les photos. Elle disait : « Quand tu seras grande, j’espère que tu feras ce que tu veux. » Elle ne savait ni lire ni écrire, parce qu’elle venait d’une famille pauvre d’Algérie, à Annaba, près de la frontière tunisienne. Elle n’a pas eu la chance d’aller à l’école et c’était le plus grand regret de sa vie. Comprendre une facture ou une adresse était difficile, alors elle m’encourageait à poursuivre mes projets. Sa validation a été la base de tout. C’est une travailleuse, qui m’a transmis cette valeur. « On n’a rien sans rien » : cette phrase est restée en moi.

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14 commentaires

  1. Camille Bernard le

    J’espère que La Petite Dernière sera à la hauteur des attentes. L’adaptation d’un roman exigeant demande du talent.

  2. Antoine Richard le

    Cette histoire rappelle l’importance du soutien familial. Sans sa mère, Hafsia ne serait peut-être pas là aujourd’hui.

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