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« Notre compatriote a habité le Harar. Il sait l’arabe et parle l’amharique et l’oromo. Il est infatigable. Son aptitude pour les langues, une grande force de volonté et une patience à toute épreuve le classent parmi les voyageurs accomplis. » Ces lignes sont de Jules Borelli (1852-1941), qui publie, en 1890, son journal de voyage en Ethiopie méridionale. Chargé d’une mission scientifique dans cette région, il y rencontre celui dont il fait ainsi le portrait. Lequel meurt moins d’un an plus tard, le 10 novembre 1891, dans un hôpital de Marseille. Ce voyageur accompli est Arthur Rimbaud (1854-1891), l’un des héros de l’exposition « Aden-Marseille. D’un port à l’autre », présentée à la Vieille Charité.

Pourquoi associer Aden, au Yémen, et Marseille ? Parce que les deux ports ont été étroitement liés à partir du XIXe siècle. Rimbaud n’est que l’un de ces nombreux Français qui partent vers l’Afrique dans les dernières décennies du siècle. La plupart rejoignent les colonies d’Afrique occidentale alors en cours de conquête. Quelques-uns partent vers la mer Rouge. Tous espèrent trouver un emploi dans ces contrées et y faire fortune. Sur le premier point, Rimbaud réussit : à peine parvenu à Aden, il se fait embaucher, le 15 août 1880, par la maison de commerce Mazeran, Viannay, Bardey et Cie, où il surveille le tri du café. Sur le second, il échoue, ce qui n’est pas le cas des négociants de métier que sont Maurice Riès et ses fils, les frères Alfred et Pierre Bardey ou Antonin Besse.

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