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La polémique s’est propagée à grande vitesse sur les réseaux sociaux : avec sa classe Optimum, la SNCF aurait cédé à la tendance « no kids ». Mercredi 21 janvier, le podcast « Les Adultes de demain » s’est indigné des conditions de vente d’Optimum plus, la nouvelle classe lancée par SNCF Voyageurs sur ses TGV Paris-Lyon.

Depuis le début d’année, cette nouvelle classe remplace l’offre Business première, lancée en 2021. Outre un billet échangeable sans frais et un prix fixe, quelle que soit la date de réservation (180 euros), l’offre promet un accès aux salons Grand Voyageur, un repas servi à sa place, et un « espace calme à bord », avec des places assises plus spacieuses et « un nombre limité de passagers ».

Dans ce cadre, « pour garantir un maximum de confort à bord de l’espace dédié, les enfants ne sont pas acceptés », pouvait-on lire sur le site de la SNCF. La classe Optimum plus « est pensée pour les attentes spécifiques de nos clients professionnels ou qui souhaitent une expérience de voyage particulière avec un accompagnement personnalisé et de la flexibilité », précise encore la SNCF.

« Une ligne rouge a été franchie et personne n’en parle. La première entreprise publique de transport française cède à son tour au “no kid”. Au lieu de créer des wagons pour enfants, le Groupe SNCF les exclut », s’emporte « Les Adultes de demain » sur Instagram.

« Non, les enfants ne sont pas exclus de nos TGV »

« Dans un pays inquiet pour sa natalité, ce signal est désastreux », s’est indignée, sur le réseau social X, l’essayiste Naïma M’Faddel. « Preuve que la dénatalité est aussi culturelle, elle raréfie les enfants jusqu’à nous rendre intolérants à leur présence », dénonce également sur X l’économiste Maxime Sbaihi. Certains crient à la discrimination et s’indignent que les animaux de compagnie soient, à l’inverse, autorisés − moyennant un billet animal facturé 10 euros par trajet.

Ces critiques ont été reprises par la haut-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, interrogée sur BFM-TV : « Lorsqu’on donne le sentiment que le confort des adultes passe par l’absence d’enfant, c’est choquant », juge-t-elle. « Je comprends que quand on voyage en loisirs, ce n’est pas comme quand on voyage pour le travail, que l’on a besoin de services spécifiques », comme un meilleur Wi-Fi, ajoute la haut-commissaire. Elle déplore surtout que « certaines offres avancent plus vite que d’autres ». « Si on pense une offre Optimum, alors on pense quoi pour les familles ? », interroge-t-elle.

Ces réactions ont amené la SNCF à réagir : « Non, les enfants ne sont pas exclus de nos TGV », a assuré l’entreprise. Dans une vidéo postée mercredi soir, Gaelle Babault, la directrice de l’offre TGV InOui de SNCF Voyageurs, a précisé que cette classe était ouverte à tous « à partir de 12 ans », « ce qui était déjà le cas de notre précédente offre Business première ».

« Ces places Optimum ne représentent que 8 % des espaces qui sont proposés dans nos trains du lundi au vendredi. Ce qui veut dire que 92 % des autres places sont proposées à tous et 100 % les week-ends », ajoute-t-elle. « Je peux même vous dire que cela fait des années que nous subissons une certaine pression pour interdire l’accès aux enfants à certains espaces de nos rames, ce que nous nous sommes toujours refusés à faire. Nos offres sont pensées pour tous et nous y tenons », assure-t-elle.

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