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Téhéran, hiver 1978-1979, les manifestants scandent : « Marg bar shah » – « Mort au roi ! » Téhéran, hiver 2025-2026, les manifestants crient : « Marg bar Khamenei » – « Mort à Khamenei ! » Entre ces deux dates, un demi-siècle de théocratie iranienne débouche sur un désastre.

Abattue par des manifestations monstres, durant toute l’année 1978, la courte dynastie des Pahlavi cède la place, en 1979, à la République islamique d’Iran, aujourd’hui confrontée à la rue. En 1978-1979, les manifestants appelaient au départ du deuxième souverain Pahlavi, Mohammad Reza Pahlavi ; aujourd’hui, ils s’en prennent au chef suprême de la République islamique d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei. Comme il l’a fait à intervalles réguliers depuis 2009, le régime s’est défendu – en tuant. Sa soldatesque a tiré sur la foule des manifestants, elle embastille, mutile et torture les corps. Pour une République islamique aux abois et occupée à sa survie, la répression est devenue un mode de gouvernement.

Les morts se compteraient par milliers. L’ampleur des massacres donne la mesure de la peur qui s’est emparée du pouvoir – et témoigne du courage des Iraniens. Le mouvement de protestation rassemble largement, des plus démunis à la classe moyenne, des zones rurales aux villes. Anciens soutiens du régime et traditionnels critiques sont unis dans la dénonciation d’un échec global : politique, économique et social. Défaite à l’extérieur et sans réponse autre que l’assassinat en masse à l’intérieur, la République islamique d’Iran est un régime épuisé.

Sécheresse, mauvaise gestion, corruption des élites, inflation dépassant les 40 %, chômage endémique, rente pétrolière affectée à la défense et à l’expansionnisme à l’étranger, enfin sanctions internationales, tout concourt à une impasse économique et sociale majeure. Constitué au nom des « opprimés », le régime fait face à une population sans cesse plus appauvrie. Les deux piliers, le clergé chiite, d’un côté, et, de l’autre, l’ensemble des gardiens de la révolution – tout à la fois armée et tentaculaire puissance économique –, sont figés dans la défense de leurs intérêts particuliers. Ils ne gouvernent plus que par la répression : plus de 2 000 pendaisons en 2025, un record.

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