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Comédienne et humoriste, Constance a choisi de raconter sur scène son parcours psychiatrique. Dans Inconstance, un spectacle où l’on ne cesse de passer du rire aux larmes, elle revient sur le long processus d’acceptation de sa bipolarité et son sinueux parcours médical. Pour Le Monde, Constance explique comment elle a pu renouer avec son métier et gérer handicap et vie professionnelle.
C’est sur scène, début 2022, que vous vous êtes effondrée. Comment l’expliquez-vous ?
Je travaillais comme une folle. J’entamais une tournée importante de 80 dates. Je ne voulais pas lâcher le travail. Quand vous êtes comédienne, c’est déjà difficile d’en avoir. Le perdre fut une catastrophe. Les humoristes mettent plusieurs années avant de trouver un producteur, de se faire une réputation. C’était désespérant d’avoir autant travaillé et que tout soit terminé. J’avais tout gâché, tout planté, c’était terrible. Ne pas supporter d’être sortie du jeu participe beaucoup à l’envie de mourir.
Vous êtes-vous sentie soutenue dans votre milieu professionnel ?
C’est comme la vie. Il y a des gens formidables qui ont sincèrement de la peine, d’autres épouvantables qui se réjouissent que vous vous écrouliez, d’autres encore qui sont équipés pour vous tendre la main et enfin ceux qui sont terrifiés par la maladie. J’ai été très peu soutenue. Les gens vous balaient, vous gomment. Je n’ai eu aucune nouvelle du tourneur avec qui je travaillais avant de tomber en dépression. Mais j’ai eu la chance d’avoir Charline Vanhoenacker [Constance était chroniqueuse dans son émission]. Elle m’a dit : « Ça prendra le temps que ça prendra, on te garde ta place. » Elle a été extraordinaire.
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15 commentaires
Un témoignage rare et nécessaire. Merci à Constance pour son courage.
Oui, c’est un sujet qui reste souvent tabou.
Le spectacle semble être un mélange de rire et de larmes. Comment les spectateurs réagissent-ils ?
C’est toujours difficile de juger à l’avance, mais cela ouvre le dialogue sur la santé mentale.
C’est un miracle qu’elle s’en soit sortie. Son parcours est une leçon d’humilité et de résilience.
Vraiment, son histoire donne de l’espoir.
Un spectacle qui doit être puissant émotionnellement. Bravo à Constance pour son courage.
Oui, parler de santé mentale sur scène, c’est vraiment audacieux.
Travailler sans cesse jusqu’à l’épuisement, c’est un problème récurrent dans le milieu artistique.
Exact, la pression est énorme pour garder sa place.
Comment gérer la bipolarité dans un métier aussi exigeant que le spectacle ? Constance a-il trouvé des méthodes pour concilier les deux ?
C’est une question importante, son témoignage pourrait aider d’autres artistes.
C’est touchant de voir comment Constance parvient à transformer son expérience difficile en spectacle. Un témoignage courageux qui mérite d’être entendu.
Tout à fait d’accord, son honnêteté est inspirante.
Cela montre aussi le manque de soutien dans le milieu artistique parfois.