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La décision de garder Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews malgré sa condamnation pour corruption de mineurs « ne m’appartient pas », a déclaré, mardi 20 janvier, l’une des vedettes de la chaîne, Sonia Mabrouk, selon qui « le respect » qu’elle voue à sa direction n’équivaut pas à « cautionner » ce maintien.

« La décision de maintenir Jean-Marc Morandini, c’est une décision qui ne m’appartient pas. C’est la direction de CNews qui a assumé cette décision par fidélité, semble-t-il, à son égard », a affirmé la journaliste à la fin de son interview politique, après avoir été interpellée par son invité, le député socialiste Jérôme Guedj. « Votre question est légitime, j’avoue que je n’en dors pas depuis plusieurs jours », a-t-elle dit en conclusion.

« J’ai beaucoup de respect pour ma direction, pour ma hiérarchie, mais en aucun cas ça ne vaut de cautionner cela, en aucun cas c’est une complaisance morale par rapport à ce dont nous parlons et qui est d’une gravité réelle », avait-elle auparavant développé.

« Je pense ce matin, comme vous et avec vous, aux victimes quelles qu’elles soient, et aux victimes les plus jeunes, je pense aux mineurs », a-t-elle ajouté, en se définissant comme une « mère de famille (…) engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ».

Messages de nature sexuelle

« Ça a été jugé par la justice française, il reste la justice européenne, je ne veux pas me substituer à la justice. Je voudrais simplement dire : il n’a pas été condamné pour ne plus exercer sa profession », a nuancé Sonia Mabrouk.

La journaliste est la première figure de la chaîne à prendre publiquement ses distances avec le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne. Elle a affirmé pouvoir s’exprimer en ces termes car CNews « est la chaîne de la liberté d’expression ».

Le 15 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation du journaliste de 60 ans pour corruption de mineurs pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016, en n’admettant pas son pourvoi.

Dans la foulée, CNews a annoncé son maintien à l’antenne pour son émission quotidienne, et l’animateur a déclaré qu’il envisageait de saisir la Cour européenne des droits de l’homme. « On assume complètement » cette décision, a déclaré Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France. CNews, première chaîne info de France en part d’audience, appartient à ce groupe, qui est dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

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