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Cécile Hernandez brille toujours. La doyenne de la délégation française, 51 ans, a apporté aux Bleus une nouvelle médaille aux Jeux paralympiques de Milan-Cortina, dimanche 8 mars, la première en or, s’adjugeant le sacre en snowboardcross ; la cinquième récompense de sa carrière aux JP. Il y a quatre ans, à Pékin, la Catalane avait déjà décroché le titre sur l’épreuve, apothéose d’une saison où elle avait tout gagné.

Le 21 octobre 2002, Cécile Hernandez se réveille avec une paralysie soudaine et totale des membres inférieurs qui durera plusieurs mois : la manifestation d’une sclérose en plaques (SEP) qui l’a laissée depuis « handicapée », comme elle le racontait à L’Equipe en décembre 2016. Trois années passées en fauteuil roulant, de nombreuses autres de traitement, avant que cette grande sportive, par ailleurs journaliste et autrice, puisse à nouveau pratiquer. Le vélo et le kayak d’abord, avant de renouer avec le plaisir de la glisse quand en décembre 2013, à l’occasion d’un reportage à Valmorel (Savoie) elle rencontre un rideur de l’équipe de France de handisport de snowboard. Une rencontre qui « chang[era] le cours de [s]a vie ».

Depuis, Cécile Hernandez empile les récompenses internationales. Aux Jeux paralympiques de Sotchi 2014, en Russie, elle décroche l’argent en snowboardcross, la première médaille de l’histoire du snowboard paralympique français. Quatre ans plus tard, à Pyeongchang (2018), elle remporte la médaille de bronze sur l’épreuve, puis l’argent en banked slalom. Mais avant Pékin 2022, sa catégorie de handicap, LL1, qui rassemble les athlètes touchées au-dessus des genoux, est supprimée en raison d’un nombre insuffisant de compétitrices.

Milan-Cortina, sa der

Cécile Hernandez se lance alors dans une longue bataille pour obtenir le droit de concourir en LL2, catégorie dont les athlètes souffrent d’un handicap moins lourd – avec des athlètes touchés en dessous des genoux. L’autorisation lui sera finalement accordée deux semaines avant le départ pour la Chine. La bataille en valait la peine : un sacre en snowboardcross ! Avec l’apothéose vient l’envie de remiser la planche. Une promesse qu’elle confie avoir déjà faite à sa fille Victoire-Eléonore avant Pyeongchang… Et qu’elle a, une fois encore, repoussé.

Mais Milan-Cortina, édition pour laquelle elle a été désignée porte-drapeau de la délégation tricolore, sera sa der. Avec l’âge, sa maladie progresse. « La plupart des gens ne comprennent pas ce que nous vivons. Mes jambes sont raides comme des bouts de bois, j’ai de gros troubles de l’équilibre et peu d’explosivité musculaire. Au bout de deux heures d’entraînement, je suis cuite ! J’ai besoin d’énormément de récupération active, de sommeil, de kinésithérapie et d’étirements pour éviter que mon corps ne soit pas complètement raide », expliquait déjà Cécile Hernandez en 2022.

« Je n’ai pas envie de mettre trop mon intégrité physique en jeu », avançait-elle en mai 2025. D’autant que la championne a connu une année compliquée, marquée par une rupture d’un ligament et deux entorses à la cheville. Et au-delà des blessures, une fatigue mentale plus profonde. Mais Cécile Hernandez est de son propre aveu « une femme de défis ». Après avoir terminé la saison avec deux médailles aux championnats du monde, dont une en or, et le gros globe de cristal, après s’être invitée une nouvelle fois sur un podium paralympique, Elle a encore un défi : se parer d’or sur le banked slalom, le 14 mars. Le seul sacre qu’il manque encore à son incroyable palmarès.

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11 commentaires

  1. Chloé Durand le

    Interesting update on Cécile Hernandez sacrée championne paralympique de snowboardcross à Milan-Cortina. Curious how the grades will trend next quarter.

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