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Pour enregistrer son premier album, Queen, Maureen s’y est reprise à plusieurs fois. Il était prévu en 2024, mais elle a tout remis à plat et fait le tri dans son entourage. Elle s’est, de plus, attachée à quelques principes : présenter toutes les sonorités antillaises contemporaines et chanter aussi bien en français qu’en créole, « passant de l’un à l’autre au feeling », dit-elle. C’est aussi pour elle l’assurance qu’on n’oublie pas que son shatta vient de Martinique, et qu’il ne perde pas son identité, de sa saveur, en voyageant et en étant adopté par d’autres pays. C’est la plus grande angoisse des artistes martiniquais, se voir dépossédés de leur musique, et Maureen d’ajouter, un peu chauvine : « Quand il y a des soirées shatta, il faudrait qu’il y ait au minimum un ou deux DJ de chez nous. »
Elle commence d’ailleurs son disque par un chaleureux Welcome to Shatta Land, dans les règles de l’art produit par Walshy Fire. Elle confronte cette rythmique aussi au dancehall du Jamaïcain Konshens. Dans le refrain de cet Emoji Pêche, elle reprend d’ailleurs à son compte les textes de Natoxie et TKD sur Applaudissement et semble leur répondre plus franchement : « Clap Clap, applaudis avec les fesses. » Avant de décocher : « Il regrette amèrement, maintenant c’est la honte de son département. » Le morceau risque d’être l’un de ses nouveaux hits.
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14 commentaires
J’ai hâte d’entendre comment elle fusionne les rythmes antillais avec le dancehall jamaïcain. Ça promet d’être riche en couleurs.
Walshy Fire est un excellent choix de producteur pour ce genre de fusion.
Un mélange qui pourrait vraiment marquer la scène musicale.
Maureen a raison de vouloir rester fidèle à ses racines martiniquaises, mais j’espère que son shatta saura séduire au-delà des frontières aussi.
Le défi sera de garder l’authenticité tout en s’adaptant à d’autres cultures.
C’est tout à son honneur de mêler les influences, ça peut effectivement élargir son public.
Intéressant de voir comment elle navigue entre le français et le créole, ça doit lui permettre d’atteindre deux publics à la fois.
C’est une stratégie maligne, surtout pour exporter son style musical.
Son refus d’oublier ses origines est admirable, mais risque aussi de limiter la portée internationale de son projet.
Toute création artistique est un équilibre entre fidélité et ouverture.
Il semble important pour elle de contrôler l’image de sa musique. C’est louable, mais difficile à faire sans compromis.
Les artistes locaux font souvent ce choix pour éviter l’exploitation par les majors.
Le mot « shatta » est-il un terme spécifique à la Martinique ? Je ne le connaissais pas.
Ouais, c’est lié à la culture musicale locale, un mélange de funk et de dancehall.