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Consacrer une rétrospective à Louise Nevelson (1899-1988) : en prenant le risque, le Centre Pompidou-Metz démontre une fois de plus qu’il est l’un des rares musées français où la curiosité artistique est encore possible. Pourquoi risque ? D’abord parce que, si l’artiste et son œuvre ont été internationalement connues des années 1960 au début des années 1980, cette célébrité s’est par la suite effondrée. Une querelle juridique entre héritiers a empêché les expositions durant près de vingt ans et celles-ci n’ont recommencé que lentement et modestement, aux Etats-Unis et en Europe. Premier embarras donc.

Deuxième difficulté, la nature matérielle des travaux les plus remarquables. Ce sont des environnements faits de volumes en bois assemblés, le plus souvent peints en noir, auxquels l’artiste adjoint souvent des colonnes irrégulières et des sortes d’autels ou de coffres. Destinés au pavillon américain à la Biennale de Venise en 1962 ou aux expositions des musées new-yorkais Whitney et MoMA, ces ensembles étaient monumentaux et n’ont été que rarement conservés entiers plus tard – d’autant que Nevelson n’hésitait pas à prendre des éléments de l’un pour les placer dans un autre. Peu nombreuses sont donc aujourd’hui ses grandes pièces complètes, dont The Royal Tides (« les marées royales ») (1960-1964), œuvre que l’artiste donna à la Tate Gallery, à Londres, la préservant ainsi de tout démantèlement.

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