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Dès les accents tragiques qui ouvrent l’œuvre tandis que la lumière décroît dans la salle, on comprend que ce Werther de Massenet prendra le contrepied des interprétations où la sensualité le dispute au pathos. Rigoureusement soumise à la fouille au corps dramaturgique, la direction pointilliste de Raphaël Pichon à la tête de son ensemble Pygmalion (sur instruments d’époque) explose en détails sonores dans une sophistication qui frise le narcissisme, au risque d’assécher le marais lyrique. Paradoxalement livrée au « commentaire » ou à la didascalie, grevé de silences signifiants (parfois très beaux), la musique semble parfois retenir son souffle.

Large plateau blanc, murs noirs interrompus à mi-hauteur par la cage de scène, quelques chaises en ligne, une grande table familiale : le décor épuré de Ted Huffman se pare d’une froideur presque clinique. Seul élément détonnant dans ce temple à peine esquissé des conventions bourgeoises, l’orgue, dont la présence annihilera curieusement la spatialité que produit habituellement un son venu des coulisses : voir jouer l’organiste de dos rajoute au huis clos.

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15 commentaires

  1. Interesting update on A l’Opéra-Comique, le sacre lunaire du délicat et poétique « Werther » de Pene Pati. Curious how the grades will trend next quarter.

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