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Dans les ruelles escarpées de la vieille médina de Fès, dans le nord du Maroc, Amadou Bassirou Cissé, 36 ans, muni d’un sac à dos aux couleurs du drapeau sénégalais, ne passe pas inaperçu. L’air satisfait, apaisé aussi, l’ingénieur sénégalais sort tout juste d’un moment de recueillement au mausolée d’Ahmed Tidjani, un théologien, mort en 1815, qui a, selon la tradition, eu une vision du Prophète Mahomet. L’homme est le fondateur de la tidjaniya, une confrérie de l’islam soufie très influente en Afrique de l’Ouest, et particulièrement au Sénégal, où elle rassemble près de la moitié des fidèles musulmans.
« C’est un rêve qui se concrétise, se réjouit-il. Je me sens chanceux et béni d’être ici car, pour nous, Sénégalais, la ziyara [“visite” des saints, en arabe] vers le mausolée est un symbole de la foi », poursuit le jeune homme, venu au Maroc principalement pour assister aux matchs des Lions de la Teranga durant la Coupe d’Afrique des nations 2025. Mercredi 14 janvier, l’équipe affronte l’Egypte en demi-finale de la compétition.
Toutefois, pour Amadou Bassirou Cissé, comme pour des milliers de ses compatriotes supporteurs, « il était impensable de venir au Maroc sans passer par Fès ». Vers 13 h 40, à l’heure de la prière du dohr, l’affluence devant les immenses portes en bois, taillées en arrondi, suffit à obstruer le passage de l’étroite derb (« ruelle ») Ahmed-Tidjani.
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11 commentaires
Intéressant de noter que le pèlerinage à Fès est presque aussi important que le soutien à l’équipe nationale. La foi et le sport réunis !
Exactement, deux passions qui transcendent les frontières.
Le Maroc attire vraiment des flux variés de pèlerins. Cela doit être un boom économique pour la région de Fès pendant ces événements.
Je me demande quels sont les défis logistiques pour organiser ces pèlerinages de masse. Les autorités marocaines doivent être bien préparées.
On comprend que pour ces visiteurs, ce n’est pas seulement un voyage, mais un voyage spirituel. La Zimmera doit être une pratique très enrichissante.
Quelle expérience spirituelle unique pour ces pèlerins sénégalais ! Cela montre l’importance des liens culturels et religieux entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest.
Absolument, c’est fascinant de voir comment les traditions se perpétuent malgré la distance.
La fratrie islamique entre ces deux pays est palpable. Comment favoriser encore plus ces échanges culturels ?
Plus de partenariats entre institutions religieuses et éducatives, peut-être ?
Dommage qu’on ne parle pas plus des aspects économiques dans cet article. Le tourisme religieux, c’est un secteur en pleine croissance quand même!
Ces pratiques ancestrales sont vraiment un pilier de l’identité africaine. Espérons que les jeunes générations les perpétuent.