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L’évêque d’Arras, Olivier Leborgne, a annoncé sur la radio RCF Hauts-de-France, vendredi 9 janvier, que trois prêtres de la communauté catholique traditionaliste de Riaumont (Pas-de-Calais) vont « faire l’objet d’une enquête canonique » alors qu’ils sont mis en examen pour violences sur mineurs.
Mgr Leborgne et Dom Pateau, père abbé de l’abbaye de Fontgombault dont relève Riaumont, ont également donné à la communauté « un an pour retravailler sur les fondamentaux », redéfinir ses missions et « revoir l’ensemble des statuts ». « La dimension éducative n’est plus possible » au sein de l’ex-village d’enfants de Riaumont, puisqu’elle « demande des compétences que les gens n’ont pas et que l’actualité empêche », souligne l’évêque.
Ces décisions font suite à un rapport remis à MM. Leborgne et Pateau après une visite canonique menée à Riaumont en septembre. Celle-ci avait été décidée par les deux prélats après la condamnation de l’ancien prieur de la communauté, Alain Hocquemiller, à deux ans de prison avec sursis pour consultation de fichiers pédopornographiques.
Contestations des mis en cause
La communauté traditionaliste de Riaumont, qui a démarré dans les années 1960 comme foyer d’accueil pour enfants placés par les services sociaux et a également accueilli des enfants de familles conservatrices, est visée par plusieurs autres procédures judiciaires.
Le parquet de Béthune a requis la tenue d’un procès contre Alain Hocquemiller et cinq autres religieux de la communauté pour des violences sur plusieurs dizaines d’enfants entre 2007 et 2019. Deux autres encadrants sont mis en examen pour agressions sexuelles et une autre information judiciaire concerne une affaire de viol.
Contacté fin décembre par l’Agence France-Presse, Octave Nitkowski, avocat de Riaumont, avait souligné qu’« aucun membre de la communauté religieuse n’a jamais été condamné, ni même mis en examen ou mis en cause par des procédures judiciaires, pour des faits de violences sexuelles sur mineurs ou de viol. » Il assure que « seule » la procédure pour violence physique sur mineurs concerne des membres actuels de la communauté, soulignant que ces faits sont « fermement contestés par les mis en cause ».









10 commentaires
Un an pour retravailler les fondamentaux, c’est une période courte pour une refonte complète. Les autorités religieuses sont-elles trop optimistes ?
Peut-être, mais la gravité des accusations laisse peu de temps pour les réformes.
Les statuts de toute la communauté vont être revus. Cela va-t-il entraîner des fermetures ou des changements majeurs dans d’autres lieux similaires ?
C’est possible, surtout si les problèmes touchent plusieurs communautés.
Condamner la pédopornographie mais ne pas agir à temps sur les violences est contradictoire. Pourquoi une telle lenteur ?
Les enquêtes internes prennent parfois trop de temps, avec de graves conséquences.
La dimension éducative semble compromise. Comment vont être aidés les enfants qui étaient sous la responsabilité de Riaumont ?
C’est une question cruciale. Une solution urgente doit être trouvée.
C’est choquant d’apprendre ces accusations contre des prêtres de Riaumont. L’enquête canonique sera-t-elle assez rigoureuse pour faire justice ?
J’espère qu’elle le sera, mais les scandales récents montrent que l’Église a du mal à traiter ces cas.