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Le face-à-face est troublant. Dressé vers le ciel, un disque de métal haut de 1,60 mètre, gros miroir réfléchissant le monde alentour – les nuages, les passants, les feuilles d’automne –, a surgi au pied de l’écrasante statue du soldat de l’armée d’Afrique. En ce jeudi 6 novembre, sur la place de Padoue, à Nancy, une petite assemblée assiste à une singulière inauguration, celle d’un « contre-monument » donnant la réplique au sergent Jean Pierre Hippolyte Blandan, figure militaire de la conquête d’Algérie, tué au combat en 1842.

L’œuvre, dessinée par Colin Ponthot et réalisée par les apprentis du pôle formation UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie), est une création artistique déroutante par sa sobriété circulaire autant que par son brasier de lumières, d’où d’ailleurs son nom : Table de désorientation. Le flanc de métal est gravé d’un texte en forme d’adresse.

« Qui es-tu [sergent Blandan] ? Regardons dans le miroir mal poli de notre mémoire », écrit l’autrice, Dorothée-Myriam Kellou, journaliste et écrivaine, dont l’histoire familiale franco-algérienne a nourri ce projet de « contre-monument ». Et face à cette « mémoire à trous », grevée de silences, la réponse appartient au passant, qui, observant son visage réfléchi dans la glace du métal, est invité à « combler les blancs et interroger l’impensé colonial », souligne Dorothée-Myriam Kellou.

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