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La quatrième tentative aura été la bonne malgré de dernières heures perturbées par la tempête Ingrid. Le skipper français Thomas Coville et l’équipage du maxitrimaran Sodebo Ultim 3 (Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel) ont franchi, dimanche 25 janvier, peu après 7 h 45, la ligne entre Ouessant (Finistère) et le cap Lizard, au Royaume-Uni, bouclant ainsi leur tour du monde en 40 jours, 10 heures, 45 minutes et 50 secondes. Ils s’adjugent le Trophée Jules-Verne, en battant de quelques heures le record de Francis Joyon en 2017.

Celui-ci récompense le meilleur temps sur le tour du monde à la voile réalisé d’est en ouest, sans assistance et sans escale (40 300 kilomètres) via les caps de Bonne Espérance (Afrique du Sud), Leeuwin (Australie) et Horn (Chili), avec l’aide d’une cellule de routage à terre. Au-delà du temps final, les sept marins, partis le 15 décembre 2025, ont signé de belles performances sur les passages intermédiaires.

Le maxitrimaran Sodebo Ultim 3 (32 mètres) fait tomber une marque que l’on croyait presque intouchable. Celle établie par Francis Joyon et ses cinq équipiers, en janvier 2017 à bord d’Idec-Sport (31,5 mètres) : 40 jours, 23 heures et 30 minutes. Il aura fallu neuf ans et une dizaine de tentatives, à bord de bateaux plus modernes et plus rapides, pour la voir battue.

Trois précédentes tentatives

Entre Thomas Coville et les tours du monde en multicoque, c’est une longue histoire. Le navigateur de 57 ans s’inscrit dans une filiation directe avec les pionniers de la course au large française, notamment Olivier de Kersauson. C’est avec ce dernier qu’il s’élance pour la première fois en équipage, en 1997. Il a alors 28 ans. Un premier record du monde à la clé sur le trimaran Sport-Elec (27 mètres) : 71 jours, 14 heures et 22 minutes. Puis un deuxième, en 2010, avec Franck Cammas sur Groupama 3 (31 mètres) : 48 jours, 7 heures et 44 minutes.

Il a ensuite connu la consécration en solitaire en 2016 sur Sodebo Ultim, avec un chrono de 49 jours, 3 heures et 7 minutes. Soit huit jours de mieux que Francis Joyon. Une référence améliorée depuis par François Gabart, en décembre 2017 (42 jours, 16 heures et 40 minutes sur Macif). Thomas Coville avait déjà tenté de mettre la main sur le Jules-Verne. Mais des avaries ont eu raison de ses trois précédentes tentatives (entre 2020 et 2025). Jusqu’à ce que ce vieux briscard des mers du Sud réussisse enfin son pari.

L’existence de ce trophée remonte à octobre 1992, sous l’impulsion d’une poignée de stars de la course au large : Yves Le Cornec, Titouan Lamazou et Florence Arthaud. Leur pari ? Faire « le tour du monde en quatre-vingts jours », comme Phileas Fogg et Jean Passepartout, les héros du roman éponyme de l’auteur français Jules Verne.

Hormis une tentative en 1998, aucun équipage intégralement féminin ne s’était lancé dans l’aventure. Jusqu’au 29 novembre 2025, quand Idec-Sport, aux mains d’Alexia Barrier et de ses six équipières internationales, a pris le départ à Brest. Le projet, baptisé « The Famous Project CIC », vise, entre autres, à encourager l’accession des femmes aux Ultimes, sur lesquels elles brillent jusqu’ici par leur absence. Doublées par Sodebo Ultim 3, bloquées par la tempête Ingrid et freinées par des avaries, les navigatrices devraient arriver à Brest entre lundi 26 et mardi 27 janvier.

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