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La commandante des policiers mis en cause pour de graves violences sur un jeune homme à Marseille en marge des émeutes de juillet 2023 a été mise en examen en décembre dans cette affaire, a annoncé le parquet jeudi 8 janvier, confirmant une information de La Provence.
La nuit du 1er au 2 juillet 2023, tandis que des émeutes secouent le centre-ville de Marseille après la mort de Nahel en région parisienne, Hedi R., 22 ans, est visé par un tir de LBD le blessant grièvement au crâne. Une partie du crâne de Hedi a dû être amputée à la suite de ce tir puis de son passage à tabac par d’autres policiers.
Quatre policiers de la brigade anticriminalité (BAC), dont l’auteur présumé du tir, ont été mis en examen dans ce dossier, pour violences volontaires aggravées. La commandante de la BAC a été mise en examen le 10 décembre pour « non-empêchement de crime ou délit d’atteinte contre les personnes », a précisé le parquet à l’Agence France-Presse (AFP).
Quatre enquêtes ouvertes à Marseille
Joint par l’AFP jeudi, l’avocat de la commandante de la BAC, Virgile Reynaud, a déclaré qu’une reconstitution de la scène, sur demande de la juge chargée du dossier, avait eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi.
« Un coup d’épée dans l’eau », pour Me Reynaud, qui assure que sa cliente, qui était sur place au moment des faits, n’a pas changé de version, affirmant qu’elle n’a pas vu la scène. « Il faut s’imaginer une scène fluctuante, on la voit sur les images de vidéosurveillance courir partout. Il y avait des pillages, des tirs de mortier, des cris, du chaos », a-t-il souligné.
Trente-trois enquêtes ont été ouvertes en France pour violences présumées des forces de l’ordre en marge des émeutes déclenchées par le décès du jeune Nahel, tué par un policier lors d’un contrôle routier à Nanterre en banlieue parisienne à la fin de juin 2023.
A Marseille, où des centaines de commerces ont été pillés et dégradés, quatre enquêtes ont été ouvertes, et huit policiers mis en examen. La deuxième ville de France recense le seul mort lors de ces émeutes en France : Mohamed Bendriss, 27 ans, très vraisemblablement touché d’un tir de LBD, la même nuit où Hedi a été grièvement blessé.











15 commentaires
Un cas de violence policière qui soulève de nombreuses questions sur les protocoles en cas d’émeutes. Comment éviter que de telles situations ne se reproduisent ?
On aurait aimé plus de transparence sur les circonstances de cette intervention.
C’est en effet une affaire très grave. La responsabilité de la commandante devrait être clairement établie.
Un dossier qui rappelle la nécessité d’une refonte des pratiques de maintien de l’ordre. Quand changera-t-on vraiment les choses ?
On ne peut que s’inquiéter de la banalisation de ce type de violences en marge des émeutes.
La mise en examen de la commandante montre qu’aucun échelon n’est épargné dans cette affaire. Un signal fort ?
C’est un signe encourageant, mais il faut attendre les suites de l’enquête.
Une affaire qui illustre le besoin de formation continue pour les forces de l’ordre. Comment mieux gérer les tensions ?
La formation est essentielle, mais la responsabilité individuelle doit aussi être engagée.
Les violences policières sont inacceptables, quelles que soient les circonstances. Des sanctions exemplaires doivent être prononcées.
Un dossier très lourd, avec des conséquences dramatiques pour la victime. Espérons que la justice fera toute la lumière.
La mise en examen de la commandante est un pas important vers une sanction plus large.
Ces violences semblent disproportionnées, même dans un contexte d’émeutes. Le LBD ne devrait-il pas être mieux encadré ?
C’est un débat récurrent depuis des années, et pourtant, rien ne change vraiment.
Un jeune homme grièvement blessé, des policiers mis en examen… Cette affaire fait froid dans le dos.