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L’enquête administrative diligentée après le suicide de Caroline Grandjean, directrice d’école dans le Cantal victime de propos homophobes, qui s’est suicidée en septembre, a conclu à une « défaillance institutionnelle dans le soutien » qui lui avait été apporté, a fait savoir vendredi 6 février le ministère de l’éducation.

« Ce constat repose en partie sur le sentiment éprouvé par l’enseignante que l’institution n’a pas toujours fait bloc avec elle face aux conflits avec certains parents », souligne le ministère, confirmant une information de La Montagne. Il rapporte que l’enquête a noté « des décisions administratives vécues comme des injustices, par exemple s’agissant du refus d’attribuer une bonification de points liée à son handicap (RQTH) pour sa mobilité ».

Selon le ministère, « bien que cette bonification n’était pas mathématiquement nécessaire pour obtenir sa mutation, ce refus, fondé sur une lecture stricte des règlements, a privé Mme Grandjean d’une forme de reconnaissance et de soutien institutionnel dont elle avait besoin à ce moment-là ».

Le ministère annonce, par ailleurs, « renforcer la formation de ses cadres à la gestion des situations de détresse psychologique », « à la lumière de ces conclusions, et conformément aux recommandations de la mission ». « L’objectif est de garantir qu’à l’avenir nos processus RH [ressources humaines] ne soient pas seulement réglementaires, mais traités avec toute l’humanité et le discernement requis », a-t-il ajouté.

Après le suicide de la directrice, le ministère de l’éducation nationale avait diligenté une enquête administrative sur les causes du suicide. En novembre, Christine Paccoud, l’épouse de Caroline Grandjean avait, par ailleurs, porté plainte contre l’éducation nationale pour « harcèlement ». La plainte visait également le maire du village de Moussages, où est située l’école primaire dont elle avait aussi été la directrice.

« Acharnement » de sa hiérarchie

Dans des écrits laissés avant sa mort, Caroline Grandjean évoquait un « acharnement » et un manque de soutien de sa hiérarchie. « Mon combat, c’est qu’elle soit reconnue comme victime », avait déclaré Mme Paccoud à la presse à la mi-septembre, en annonçant son intention de porter plainte contre l’institution.

L’institutrice de 42 ans était la cible depuis septembre 2023 de harcèlements en raison de son homosexualité et s’est donné la mort le 1er septembre 2025. Un drame qui a suscité l’émoi dans le monde enseignant. Des tags « sale gouine » et « gouine = pédophile » avaient notamment été découverts sur les murs de son école de Moussages, un village du Cantal de 200 habitants. Une enquête avait été ouverte concernant ces inscriptions, mais classée sans suite en mars 2025 « en l’absence de faits nouveaux », avait alors expliqué le parquet.

En arrêt-maladie, l’enseignante s’était vu proposer un poste à quelques kilomètres de Moussages pour la rentrée scolaire, mais avait été alors incapable de reprendre le travail.

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