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En révélant comment des composants européens ont aidé la Russie à construire son réseau d’espionnage sous-marin « Harmonie », l’enquête « Russian Secrets », menée par Le Monde et neuf autres médias internationaux coordonnés par la télévision allemande NDR, pose une question centrale : celle de l’efficacité du contrôle par l’Union européenne (UE) de l’export de biens à double usage (BDU) ; ces composants ou équipements civils à but scientifique ou industriel, susceptibles d’être détournés de leur usage dans le cadre d’applications ou de projets militaires développés par des pays tiers.

La mise en place d’un dispositif de contrôle des ventes de BDU hors de l’UE remonte aux années 2000. Il a fallu attendre 2021 pour que le système, décentralisé à l’échelle de chaque Etat membre, soit renforcé, face aux risques de détournement des BDU les plus sensibles.

L’objectif est d’éviter que ces technologies se retournent un jour, et de manière dangereuse, contre les intérêts de l’Europe et ceux des forces militaires alliées – une question devenue particulièrement épineuse eu égard à l’expansionnisme militaire russe. Une liste des BDU les plus sensibles, dont l’exportation nécessite l’obtention d’une licence ad hoc, est actualisée tous les ans.

Dans chaque Etat, des instances sont chargées d’examiner les demandes transmises par les entreprises et, s’il existe un doute, un processus de vérifications renforcées s’engage, pour limiter les risques. C’est ainsi qu’en France, les autorisations sont soumises à un service des BDU rattaché à Bercy, examinées par une commission interministérielle spécifique, et susceptibles, en cas de problème, de remonter jusqu’au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale. L’instruction des dossiers, qui peut prendre plusieurs mois, est délicate, car les autorités s’efforcent de ne pas bloquer indûment les relations commerciales internationales, pour l’essentiel légitimes.

Des signaux d’alerte à guetter

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10 commentaires

  1. Camille Dubois le

    L’enquête montre que la coopération internationale sur ce sujet est cruciale. L’UE doit travailler avec d’autres partenaires pour renforcer ces contrôles.

  2. Sophie K. Leroy le

    Décevant de voir que des technologies européennes servent des intérêts hostiles. Il est temps de réformer ce système en profondeur.

  3. L’enquête révèle des failles inquiétantes dans le contrôle des exportations de biens à double usage. Comment l’UE peut-elle mieux sanctionner les détournements vers des pays comme la Russie ?

  4. Camille Durand le

    Intéressant, mais est-ce que l’UE a les moyens de renforcer réellement ce contrôle sans étouffer les échanges commerciaux légitimes ?

  5. Antoine Bernard le

    Ce n’est pas surprenant, mais cela devrait alerter davantage les décideurs européens. Agir maintenant ou s’attendre à des conséquences graves.

  6. Encore une preuve que les systèmes de contrôle actuels sont inefficaces. Il faut des mesures plus strictes et coordonnées à l’échelle européenne.

  7. La question de l’exportation des BDU est complexe. Espérons que cette enquête poussera les États membres à agir de manière plus unie.

  8. Claire K. Durand le

    Ces composants européens ont contribué à un réseau d’espionnage russe. L’UE doit réagir plus fermement pour éviter de telles situations à l’avenir.

  9. Les exportations de BDU doivent faire l’objet d’un contrôle bien plus sévère, surtout face à des régimes agressifs comme celui de Poutine.

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