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C’est au cœur du bocage normand que se trouve l’un des cœurs battants de la vie intellectuelle française. Le château de Cerisy-la-Salle (Manche) accueille depuis plus de soixante-dix ans des colloques dont l’exigence est reconnue, où l’on débat tant des « chemins créatifs de la critique » que de la démarche de Jean Cocteau.

L’un de ces rendez-vous a été construit en 2023 autour des travaux d’Armand Hatchuel, professeur émérite à Mines Paris (Université PSL) et chroniqueur au Monde, avec pour problématique générale : « L’action collective peut-elle être créatrice ? » L’ouvrage Repenser l’agir moderne (Eska, 344 pages, 30 euros) permet aujourd’hui de retracer les échanges qu’ont eus, une semaine durant, les participants, chercheurs en sciences de gestion, droit, philosophie, économie ou histoire, ainsi que dirigeants d’entreprise.

Menée sous la direction des universitaires Franck Aggeri, Sylvain Lenfle, Blanche Segrestin et de la présidente de l’Institut Veolia, Dihna Louda, cette publication est tout d’abord l’occasion de se familiariser avec la pensée de M. Hatchuel et de prendre la mesure de l’importance de ses apports, en particulier pour les sciences de gestion.

Les auteurs rappellent ainsi les différentes théories élaborées par le chercheur (autour de l’action collective, de la conception…) et soulignent la ligne force des travaux de ce « forgeron créatif » : se mettre à distance des dogmes de la modernité (la pensée utilitariste…) et d’un certain nombre d’idées reçues pour proposer des alternatives s’appuyant sur « une rationalité créative ».

Droit maritime et changement climatique

Parmi ces travaux fondateurs, on peut citer sa mise en évidence des rapports de prescription dans les activités marchandes. Il s’est ainsi agi d’« élargir la notion de marché au-delà des relations entre ‘‘l’offre’’ et ‘‘la demande’’ et [d’]envisager d’autres relations que marchandes en portant l’attention sur les savoirs (…) et les relations (entre acheteur, marchand et prescripteur) au cœur de l’action collective marchande », explique Thomas Stenger, professeur des universités à l’IAE de Poitiers.

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