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En publiant, mardi 18 novembre, une longue étude sur le rapport des musulmans de France à leur religion, qui met en lumière la « tentation islamiste » de certains d’entre eux, l’IFOP a créé une vive polémique. Si la méthodologie de ce sondage a fait l’objet de critiques, l’identité de son commanditaire, elle, a moins attiré l’attention.
L’étude a été commandée par Ecran de veille, une revue confidentielle appartenant au groupe Global Watch Analysis (GWA), qui se décline aussi en site Internet, en maison d’édition (GWA Editions) et en WebTV (Elmaniya). Dans la pratique, le groupe GWA, qui revendique « des publications consacrées à la résistance aux extrémismes et aux fanatismes, sous toutes leurs formes », se focalise très nettement sur l’islamisme, et en particulier sur les réseaux des Frères musulmans. De surcroît, il nourrit une hostilité manifeste envers le Qatar, principal partisan de la confrérie au niveau international.
Selon les informations du Monde, le groupe GWA a d’ailleurs mandaté l’IFOP pour le second volet de son enquête, axé principalement, cette fois, sur le frérisme. L’étude élabore un « indice de l’implantation secrète » des Frères musulmans, sous la forme de sept questions censées débusquer, parmi les sondés, les « membres actifs des organisations fréristes [ayant] pour injonction de mentir s’ils sont interrogés sur leur appartenance à la confrérie ». Une méthode qui prétend évaluer à plus de 80 000 le nombre de « “membres opérationnels” des Frères musulmans » en France.
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21 commentaires
La méthode de ce sondage a été critiquée. Sans données solides, ces conclusions sont douteuses.
Les sondages doivent être conduits avec rigueur pour éviter les biais.
Je me demande quel impact ce type d’étude aura sur les relations communautaires en France.
Cela pourrait exacerbér les tensions si les médias amplifient les conclusions sans nuance.
Les Frères musulmans sont souvent dans le viseur. Faut-il craindre une diabolisation systématique ?
Dès qu’un groupe est fréquemment ciblé, il y a un risque de généralisation excessive.
Une étude aussi controversée aurait mérité un débat public avant sa publication.
C’est dommage que certaines voix n’aient pas pu s’exprimer avant la sortie de l’étude.
Comment éviter que ce genre de sondage ne devienne un outil de propagande ?
En exigeant plus de transparence sur les sources de financement et les méthodes utilisées.
Le Qatar est mentionné comme un opposant. Est-ce vraiment pertinents dans ce débat sur l’islam en France ?
La politique internationale ne devrait pas fausser l’analyse des réalités locales.
Intéressant de voir comment certaines organisations utilisent les sondages pour promouvoir leurs positions.
C’est un outil puissant, mais qui peut aussi manipuler l’opinion publique.
Ce sondage soulève des questions sur la transparence des commanditaires. Qui finance réellement ces études et dans quel but ?
C’est une excellente question. Les commanditaires ont une influence énorme sur les résultats finaux.
Les médias devraient exiger plus de clarté sur l’origine des financements.
Les médias devraient être plus vigilants face à ces études controversées. Publier sans critique, c’est danger.
L’équilibre et la vérification des sources sont essentiels pour informer correctement.
L’étude semble cibler spécifiquement les Frères musulmans. Est-ce une approche équilibrée pour comprendre l’islam en France ?
La focalisation sur un seul groupe peut effectivement déformer la perception générale.