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Avec Olga, nous nous sommes donné rendez-vous dans ce bistrot à Paris, près du métro Bastille, où l’on s’est retrouvées tant de fois ces quatre dernières années. Le décor n’a pas changé. Elle, oui. Ici, je l’ai vue pétrie d’inquiétude, en colère, les larmes dans les yeux ou le sourire aux lèvres. Elle est venue seule, parfois avec son fils de bientôt 2 ans. Ses cheveux ont été courts. En ce jour de février, ils sont relevés en une longue queue-de-cheval et méchés d’argent. Le temps a passé. Beaucoup trop de temps à parler de cette guerre dont le fracas horrible lui presse les entrailles. Les combats sont à 2 000 kilomètres, mais les siens sont là-bas, alors son cœur aussi.
« C’est bête, dit Olga doucement, mais, quand je me réveille le matin, je me rends compte que la guerre est toujours là, je ne peux pas fuir cette pensée. J’ai l’impression qu’on est coincés dans cette période sans espoir. Mais il est très difficile d’en faire prendre conscience à des gens qui ne le vivent pas. Est-ce d’ailleurs possible de le comprendre, sans en faire l’expérience ? »
Quand, aux premiers jours de l’invasion russe, en février 2022, je leur ai proposé d’écrire chacune un journal de guerre entre la France et l’Ukraine, nous n’aurions jamais cru qu’elles raconteraient encore leur quotidien mille cinq cents jours plus tard. Sasha de Kiev, Olga à Paris, où elle est installée depuis 2016. Dans ces milliers de lignes, il n’a pas toujours été question d’actualité guerrière. Olga et Sasha nous ont aussi parlé de la langue ukrainienne, de poésie, de leurs souvenirs d’enfance, de l’histoire de leur famille, de leurs amours, de la naissance de leurs petits garçons, Zakary et Marian. Comme pour reprendre leur souffle entre les alertes aériennes, les drones meurtriers, les négociations fantoches, leurs amis qui partent au front, le chauffage et l’électricité qui manquent chaque jour davantage, autant de choses anormales devenues familières.
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7 commentaires
Interesting update on « Quand le moment de me coucher arrive, je commence à entendre les bruits de petits tambours dans ma tête, ce sont les percussions de la peur ». Curious how the grades will trend next quarter.
Exploration results look promising, but permitting will be the key risk.
Good point. Watching costs and grades closely.
The cost guidance is better than expected. If they deliver, the stock could rerate.
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Silver leverage is strong here; beta cuts both ways though.