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Une vérité qui dérange : c’est ainsi que l’ancien vice-président des Etats-Unis Al Gore avait exposé la thématique du réchauffement climatique aux Etats-Unis au début des années 2000. Vingt ans après, c’est au tour du fondateur de Microsoft, Bill Gates, d’apporter sa vérité. Elle dérange tellement que personne n’en a parlé. Le milliardaire philanthrope, dont la fondation est sans doute celle qui a fait le plus pour l’humanité en Afrique et en Inde depuis deux décennies, a posté avant la COP30, à Belem, au Brésil, ses « trois vérités difficiles sur le climat ».
Un, « le changement climatique est un problème sérieux, mais il ne marquera pas la fin de la civilisation » ; deux, « la température n’est pas le meilleur moyen de mesurer nos progrès sur le climat » ; trois, « la santé et la prospérité sont la meilleure défense contre le changement climatique ». En trois phrases, il fusille une grande partie de l’approche de l’Organisation des Nations unies sur le climat. A l’heure où les Américains, mais aussi les Européens, sabrent dans les programmes d’aide au développement, il remet au cœur de ses priorités le sort des plus pauvres, notamment en Afrique et en Inde. L’urgence, c’est aujourd’hui, et pas dans cinquante ans. Et la solution passe par la santé et le développement.
Bill Gates commence par contester la « vision apocalyptique » d’un réchauffement qui « anéantira la civilisation » et dont « les preuves sont partout autour de nous ». « Heureusement pour nous tous, cette vision est erronée », affirme-t-il, ajoutant que, « dans la plupart des régions du globe, les êtres humains pourront vivre et prospérer dans un avenir prévisible ». Le philanthrope déplore que « les perspectives apocalyptiques incitent une grande partie de la communauté climatique à se concentrer excessivement sur les objectifs d’émissions à court terme, détournant ainsi des ressources des actions les plus efficaces ».
« Vision apocalyptique » contestée
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13 commentaires
Gates a raison sur un point : le climat ne doit pas devenir une obsession paralysante.
Ces arguments rappellent ceux d’Al Gore, mais avec une approche plus économique. La comparaison est intéressante.
Oui, mais 20 ans plus tard, les enjeux sont différents.
Les pays riches devraient peut-être investir davantage dans l’Afrique plutôt que de couper les aides.
Faut-il vraiment sabrer dans les aides au développement alors que certains pays en ont tant besoin ?
Le développement est souvent la meilleure solution au changement climatique.
Intéressant de voir Bill Gates remettre en question l Approach dominante sur le climat. La santé et la prospérité comme priorités, c’est une vision pragmatique.
Effectivement, une approche plus centrée sur le développement pourrait être plus impactant.
Pourtant, les accords climatiques actuels mettront ça en doute.
La santé et la prospérité comme défense contre le climat ? Une idée controversée mais pas complètement farfelue.
Ça dépend des pays et de leur niveau de développement.
Les propos de Gates sont un électrochoc nécessaire. Pourquoi ne parle-t-on pas plus de ces ‘vérités difficiles’ ?
Parce que ça bouscule les idées reçues et les intérêts établis.