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« J’ai hésité entre “monsieur le Président” et “monsieur Macron”. “Cher Emmanuel” me semblait trop familier. » C’est par ce trait d’ironie que s’ouvrait la lettre envoyée le 6 juillet 2022 par Rémy (le prénom a été modifié) au président de la République. Ce jeune homme de 29 ans à l’esprit sombre et à l’humour décalé, qui vivait chez ses parents, à Onzain, un bourg du Loir-et-Cher, entendait informer le chef de l’Etat d’une « petite guerre » l’opposant à la « Communauté onzainoise néonazie », désignée par un acronyme de son invention : « C.O.N ». La missive se terminait sur cette formule lapidaire : « En espérant une réponse rapide. »
Le service des courriers de l’Elysée, qui reçoit et filtre chaque jour jusqu’à 500 lettres plus ou moins fantaisistes adressées au président de la République, fait redescendre celle-ci à la brigade de gendarmerie locale. Deux semaines plus tard, un adjudant-chef frappe à la porte du domicile familial de Rémy, afin de voir de quoi il retourne et d’« évaluer son état ». Dans son procès-verbal d’intervention, le gradé note que le jeune Onzainois est « très défavorablement connu » de ses services, notamment pour avoir incendié la voiture d’un gendarme, sept ans plus tôt.
Devant l’adjudant-chef, Rémy réitère les déclarations contenues dans sa missive au président de la République : il est en conflit depuis vingt ans avec la « Communauté onzainoise néonazie », qui comprendrait, à l’entendre, l’ensemble des 3 500 habitants de sa commune. Quelque peu interloqué, le gendarme l’invite tout de même à déposer une plainte. Le jeune homme refuse, au prétexte que la gendarmerie contribuerait à propager les rumeurs dont il se dit la victime.
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8 commentaires
Difficile de savoir si Rémy cherchait réellement l’aide du président ou s’il jouait un rôle.
L’article soulève des questions sur la place des théories du complot dans les actes criminels. La paranoïa est-elle un facteur décisif ?
Un cas étrange et complexe. Comment la société peut-elle mieux identifier et aider ces individus avant qu’ils ne basculent dans la violence ?
Une vigilance accrue est nécessaire pour repérer les signes avant-coureurs.
Les services de santé mentale sont cruciaux, mais souvent sous-financés.
Un article fascinant sur la psyché humaine. La violence est-elle toujours le résultat d’une pathologie ?
Ce genre de profil relève-t-il davantage de la psychiatrie ou de la justice ?
Les deux semblent indispensables pour comprendre et traiter ce type de cas.