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Le comité Nobel norvégien s’est dit mercredi 11 février « profondément horrifié » par l’arrestation « brutale » en décembre en Iran de Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix en 2023, à la santé très fragile.

La militante des droits humains iranienne de 53 ans avait été arrêtée le 12 décembre dans la ville de Machhad (Nord-Est) avec d’autres militants, après avoir pris la parole lors d’une cérémonie en hommage à un avocat retrouvé mort. « Le comité Nobel norvégien est profondément horrifié par des rapports crédibles décrivant l’arrestation brutale, les mauvais traitements physiques et continus mettant en danger la vie » de Narges Mohammadi, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le comité qui attribue le prix Nobel de la paix a de nouveau appelé à sa « libération immédiate et sans conditions » et à ce qu’elle ait accès à « des soins médicaux professionnels et indépendants ».

En grève de la faim, Narges Mohammadi a été condamnée à six ans de prison « pour rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes », a rapporté son avocat, Mostafa Nili, à l’Agence France-Presse (AFP) dimanche.

« Fracture osseuse », « douleurs intenses »

Selon le comité, qui affirme s’appuyer sur les comptes rendus de témoins visuels et de sa famille, Narges Mohammadi a, lors de son arrestation, été frappée à coups de bâtons, tirée à terre par les cheveux au point de perdre une partie de sa chevelure, et de nouveau battue à bord d’un véhicule.

« Elle a été à plusieurs reprises frappée au niveau des organes génitaux et de la région pelvienne, la rendant incapable de s’asseoir ou de bouger sans douleurs intenses et suscitant de sérieuses inquiétudes quant à une fracture osseuse, a précisé le comité. Malgré son état critique, elle a été soumise à une longue mise à l’isolement dans une cellule sans fenêtre avec un éclairage artificiel permanent, un sol froid et une literie inadéquate. »

Narges Mohammadi a passé de nombreuses années derrière les barreaux mais n’a jamais cessé de militer pour les droits humains et la défense des prisonniers politiques. Arrêtée en novembre 2021, elle avait été remise en liberté pour des problèmes pulmonaires en décembre 2024.

Parallèlement aux tractations diplomatiques autour de son programme nucléaire, l’Iran a ces derniers temps intensifié la répression à l’intérieur du pays.

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